La publicité tue

Dans les pays libéraux comme la Suisse, la publicité est un secteur puissant qui agit en lien étroit avec les grandes entreprises privées et les médias. Récemment, une campagne contre la publicité pour le tabac s'est attirée les foudres du secteur publicitaire qui s'est senti visé dans son ensemble. Or ce n'était pas le propos de cette campagne. Mais puisque les publicitaires abordent le sujet, sautons sur l'occasion et voyons un peu quels sont les méfaits de la publicité dans son ensemble.

Point de départ

Tout commence en mai 2013 par une campagne de publicité du Centre d'information pour la prévention du tabagisme (CIPRET). Cette campagne vise à sensibiliser sur les méfaits de la publicité pour le tabac, grâce à des slogans reprenant les avertissements présents sur les paquets de cigarette : « La publicité tue », « La publicité rend impuissant », « La publicité donne le cancer ». [1]

Publicité Suisse, l'organisation faîtière du secteur publicitaire en Suisse romande, dépose alors une plainte auprès de la Commission suisse pour la loyauté (qui rend des avis non contraignants), indiquant que « le comité directeur de Publicité Suisse et de nombreux membres de [l'] association ont été choqués par l'annonce [du CIPRET]», que les slogans de la campagne du CIPRET comportent « un caractère mensonger, calomniateur et diffamatoire», et qu'ils causent « du tort à l'ensemble d'une profession dont l'activité génératrice d'emplois et de retombées économiques non négligeables est par ailleurs indissociable de l'exercice de la démocratie et du fonctionnement d'une société fondée sur une économie libérale, dont les libertés fondamentales ne peuvent être entravées qu'en vertu d'autres intérêts publics supérieurs. » [2] La publicité, « indissociable de l'exercice de la démocratie », pourquoi pas... Et bientôt, ils nous diront que la publicité est indispensable au bon fonctionnement des lois de la physique.

Le CIPRET a répondu en disant appliquer « un principe de logique élémentaire d'une relation de cause à effet : la publicité pour le tabac favorise la consommation de tabac, laquelle cause la mort de 50% des fumeurs », ce qui lui permet d'affirmer que « indirectement, la publicité pour le tabac tue. » [3]

Le décor est planté : pour Publicité Suisse, toute la profession est visée ; pour le CIPRET, seules les publicités pour le tabac sont visées. Le débat est intéressant, mais pourrait aller plus loin. Car nombreux sont ceux qui pensent que la publicité dans son ensemble est néfaste pour la société, et qu'elle provoque des ravages incalculables, y compris des pertes en vies humaines. Alors pour ceux qui s'offusquerait un peu vite en prétextant qu'une telle affirmation aurait un caractère « mensonger, calomniateur et diffamatoire », voici quelques arguments à considérer.


Matraquage

Le premier reproche qui peut être fait à la publicité est de procéder à un matraquage ad nauseam, d'autant plus présent qu'il se répand à travers tous les supports imaginables (presse, télé, cinéma, radio, internet, panneaux, affiches, enseignes, écrans, sur les murs, sur les bus, sur les vêtements des gens...) nous atteignant ainsi à chaque instant de nos vies, à la maison, dans la rue, à la poste, au supermarché, au travail, en vacances... On estime que chacun de nous subit en moyenne plus de 2'500 messages publicitaires chaque jour, soit près d'un million par année. [4]

Le principal support de la publicité reste la télévision. En 2000, quand Coca-Cola a fait don à la bibliothèque du Congrès américain de l'équivalent d'un demi-siècle de ses spots  publicitaires diffusés dans le monde, il y en avait plus de 20'000, soit une moyenne d'au moins un spot Coca-Cola conçu chaque jour pendant 50 ans. [5] Cela donne une idée des infatigables efforts déployés par les marques pour enraciner leur présence dans les cerveaux du monde entier.

Pour se prémunir contre les pubs télévisées, il suffit de ne pas allumer sa télé, me direz-vous. Et pour les pubs dans la presse, il suffit de ne pas lire les journaux. Mais on se prive au final de nombreuses sources d'informations. Heureusement, il reste internet, que l'utilisateur peut consulter en s'épargnant la publicité [6]. Mais que faire contre l'invasion inéluctable de l'espace public par les publicités ? Un des problèmes principaux tient au fait que cette invasion, devenue saturation, progresse au détriment des espaces d'affichage sans but lucratif qui permettent une expression artistique, associative, sociale, politique ou syndicale, libre et accessible à tous. Quiconque a déjà essayé de poser des affiches (pour un concert par exemple) sait combien il est devenu difficile de nos jours de trouver des espaces d'affichage libre. A l'ère d'internet, où les gens passent leur temps à s'écrire des messages sur leurs "murs" virtuels, il semblerait que les vrais murs, ceux de la cité ou de la place du village, soient désormais à l'usage exclusif du commercial, du lucratif et de la consommation.

Notons au passage que l'envahissement de l'espace public par les publicités peut également causer des morts de manière directe, notamment quand on pense à l'aberration que sont les panneaux publicitaires placés le long des routes : « Un panneau publicitaire, par exemple, provoquera une distraction visuelle si le conducteur le regarde. S'il réfléchit au message affiché, cela générera aussi une distraction interne. » [7] Ne pourrait-on pas clairement interdire cette publicité « en vertu d'autres intérêts publics supérieurs » (pour reprendre les termes de Publicité Suisse) ?


Idéologie

Ce matraquage intensif et permanent n'est bien évidemment pas au service de la population, et les publicitaires ne sont pas des philanthropes, loin s'en faut. Mais quelle est donc l'idéologie générale véhiculée par la publicité dans son ensemble ? Tout d'abord, elle prône une vision biaisée et simpliste du monde et de la vie :

« La publicité promet toujours la même chose : le bien-être, le confort, l'efficacité, le bonheur et la réussite. Elle fait miroiter une promesse de satisfaction. Elle vend du rêve, propose des raccourcis symboliques pour une rapide ascension sociale. Elle fabrique des désirs et présente un monde en vacances perpétuelles, détendu, souriant et insouciant, peuplé de personnages heureux et possédant enfin le produit miracle qui les rendra beaux, propres, libres, sains, désirés, modernes... […] Structurellement réductrice, la publicité offre une vision condensée, schématique, simple de la vie. Elle recourt volontiers à des stéréotypes pour nous dicter nos désirs. Et nous faire accepter notre propre asservissement. » [8]

Dans une société superficielle et basée sur le paraître, le manque endémique d'esprit critique facilite cette acceptation de notre propre asservissement et du moule dans lequel la publicité tend à nous faire entrer : « Conduites de consommation, styles de vie, modes de pensée : c'est un modèle uniforme d'individus illusoirement libres que façonnent [...] ces publicités qui rythment l'espace médiatique. Dressage du sujet-consommateur, focalisé sur le mythe du produit salvateur, qui doit doper son existence de jouissance et de puissance. [...] Cette empreinte idéologique est aux antipodes de la formation critique du citoyen. » [9]

Et au-delà de l'impact sur l'individu, la publicité ne fait que renforcer l'idéologie néolibérale dominante aujourd'hui dans nos sociétés, en habituant les masses à une marchandisation du monde toujours plus extrême, à une obsolescence programmée qui semble toujours plus naturelle, à une exploitation de l'image de la femme toujours plus éhontée , etc., provoquant une évolution sociale et économique négative: « Pour comprendre l'idéologie que véhiculent les dix-huit millions d'insertions publicitaires délivrées par les médias français en 2000, sans doute faut-il s'interroger sur la nature des discours. Pour la plupart, il s'agit de messages anodins qui seraient inoffensifs s'ils ne s'intégraient dans une logique de la manipulation. Car comme l'a expliqué M. John Kenneth Galbraith, dans toute société où la productivité est virtuellement illimitée - c'est là le résultat de l'automatisation industrielle -, le contrôle de l'appareil de production compte moins que la maîtrise de la demande de consommation. La publicité joue donc ce rôle essentiel de modeler les besoins et les attentes des individus en fonction de la demande économique. Aussi sommes-nous entrés dans ce nouvel âge du capitalisme que M. Galbraith appelle la "filière inversée": ce n'est plus le consommateur qui commande le rythme de la production par ses dépenses, mais le producteur qui orchestre le désir de consommation pour produire. » [10]

Autrement dit, le rythme "naturel" de consommation (commandé par la demande et les dépenses des consommateurs) est désormais dépassé par la course effrénée de l'orchestration du désir par la publicité, induisant une surconsommation globale. Cette surconsommation a elle-même des conséquences : elle pousse à vivre à crédit, générant ainsi un surendettement des ménages, en particulier parmi les plus vulnérables. La publicité agressive des banques vendant leurs formules de petit crédit (pour acheter une voiture, un ordinateur, ou même un sac à main...) ne font que renforcer le phénomène, et les autorités en sont bien conscientes [11]. Et au-delà des conséquences économiques (et écologiques) évidentes, il ne faut pas négliger les ravages psychologiques et sociologiques d'une telle idéologie.  « Les faux bonheurs de l'hyperconsommation ne cessent de frustrer une partie de ceux qui s'y adonnent; l'omniprésente célébration de l'argent ne cesse d'insulter les victimes d'une paupérisation qui s'étend. » [12] Demandons-nous qui profite vraiment de cette de consommation de masse, puisque ce n'est pas la masse.


Information

La publicité n'est pas sans poser également des problèmes au sein-même des médias où elle est diffusée. L'épée de Damoclès que représente pour un média le retrait d'un gros annonceur parasite le contenu éditorial et nuit à la qualité et à l'indépendance de l'information. Pour faire simple, plus l'existence (voire la survie) d'un média dépend de ses revenus publicitaires, plus sa marge de liberté quant à son contenu éditorial est limitée, et ce d'autant plus si le nombre d'annonceurs différents est réduit. Or, il faut savoir que la publicité représente 44% du chiffre d'affaires de la presse française (et avoisine les 100% dans le cas des journaux dits "gratuits" [13]). A titre de contre-exemple, le Monde Diplomatique maintient une totale indépendance vis-à-vis de ses annonceurs, dans la mesure où la publicité ne représente que 4% de son chiffre d'affaires [14]. Si Air France décidait de cesser de placer de la publicité dans le Monde Diplomatique (suite à un article critique, par exemple), l'impact financier pour le journal sera minime, voire nul.

Les choses vont même plus loin que ça. Les annonceurs ne se contentent plus de brandir la menace d'un retrait a posteriori en cas de contenu éditorial "dérangeant", ils vont jusqu'à demander à l'avance le contenu du numéro à venir, comme l'a fait par exemple Pentacom, agent publicitaire de Chrysler, dans une lettre adressée au magazine Esquire : « Afin d'éviter tout conflit potentiel, il est exigé que Chrysler soit alerté de tout article à contenu sexuel, politique, social, ou de tout éditorial qui pourrait être jugé provocateur ou choquant. Pour chaque numéro à venir dans lequel des publicités de Chrysler sont prévues, on devra présenter le résumé écrit de chacun des articles principaux. Ces résumés seront envoyés à Pentacom avant tout bouclage du journal afin que Chrysler ait le temps de remettre en cause ou de différer la publication de ses annonces. » [15] Dans de telles conditions, comment imaginer une seule seconde que le contenu éditorial et la qualité de l'information en sortent indemnes ? Et c'est sans parler du problème grandissant des "publireportages", qui tendent à brouiller encore davantage la limite parfois déjà floue entre contenu publicitaire et contenu éditorial.

Cette dégradation de la qualité de l'information (en particulier dans le domaine de l'investigation en matière de criminalité ou de fraudes des entreprises, à savoir les principaux annonceurs) provoque inévitablement une baisse de la qualité de la démocratie, rendant ainsi d'autant plus difficile le débat public sur nombre de sujets, y compris celui de la nocivité de la publicité. Les médias se gardent bien de mordre la main qui les nourrit.

Et il ne s'agit ici que des effets indirects de la publicité sur l'information et la démocratie. Mais elle provoque également des effets plus directs, en particulier dans un système de démocratie directe comme la Suisse: la publicité électorale et les campagnes de "communication" lors des votations populaires en sont un parfait exemple. Est-il normal que l'exercice de la démocratie directe et le sort du peuple tendent à se transformer en bataille d'affiches et de slogans simplistes, jouant sur les pulsions et les désirs du public à la manière d'une vulgaire campagne marketing d'Apple ou de McDonald's ?


Enfants

La publicité pose également un autre problème inquiétant : l'idéologie marchande qu'elle véhicule est particulièrement insidieuse quand elle vise directement les enfants. Ainsi manipulés, les enfants se trouvent très tôt instrumentalisés par l'industrie publicitaire et deviennent ainsi les relais des annonceurs auprès des parents. On constate d'ailleurs que « même la Fédération suédoise de la publicité concède qu'il ne faut pas susciter, chez les enfants, "inconscients de ce qu'il est raisonnable de souhaiter", des "envies qu'ils ne peuvent assouvir qu'en harcelant leurs parents" ». [16]

En termes de revenus pour les annonceurs, cette instrumentalisation des enfants est loin d'être anecdotique. En 2000, Joël-Yves Le Bigot, président de l'Institut de l'enfant, en France, estimait que « l'avis des 4-10 ans joue surtout sur l'alimentaire, la confiserie, le textile et les jouets, mais ils influencent aussi 18 % des achats de voitures et 40 % du choix des lieux de vacances. »  D'après ce même institut, 45% de la consommation familiale (soit 100 à 120 milliards d'euros par an) est plus ou moins directement influencée par les désirs des enfants. [17]

Evidemment, pour garantir un meilleur endoctrinement (en publicité, on utilise le doux euphémisme de "fidélisation"), on cible les enfants dès leur plus jeune âge. Une technique dont les sectes connaissent bien l'efficacité, et que les publicitaires ont parfaitement su appliquer à leur tour. « On sait qu'au-delà des "parts de marché" qu'ils représentent à court terme, les enfants sont pour les firmes de futurs clients à fidéliser à tout prix : "Vos parts de marché grandissent avec lui", claironnent à l'adresse des annonceurs les spécialistes du "baby marketing". »[18] Ce qui est encore plus grave, c'est que « la visée profonde du "système-pub" est d'inculquer aux futurs citoyens l'idéologie de la consommation, cette autre face indispensable de la "marchandisation du monde" », court-circuitant ainsi l'éducation et les valeurs inculquées par les parents.

Les stratégies permettant à une pub d'atteindre les enfants sont bien connues : publicités jouées par des célébrités appréciées des enfants ou comportant des personnages de dessins animés, publicités et placement de produits dans les émissions pour enfants, publicités autour des écoles (et parfois même sur leurs murs, voire carrément dans les manuels scolaires [19]), logo sur les vêtements pour enfants, etc. De ce fait, l'idéologie véhiculée par la publicité génère de nombreux problèmes annexes : obsession des marques, vol, racket, moqueries et pressions psychologiques visant les enfants dont les parents n'ont pas les moyens (ou refusent) de céder à l'idéologie marchande du paraître. Ainsi, les enfants eux-mêmes deviennent des vecteurs (parfois agressifs) de cette idéologie auprès de leur propres camarades.


Santé publique

Le domaine de la santé est évidement l'un de ceux où la publicité a le plus gros pouvoir de nuisance. Il y a bien entendu la publicité pour le tabac, sujet de la polémique du jour. Mais on pourrait aussi parler de la publicité pour les boissons alcoolisées, qui provoque indirectement des accidents de la circulation et des problèmes de santé à grande échelle ; ou encore la publicité pour les fast-foods et la "malbouffe", qui incite à adopter un mode de consommation alimentaire provoquant obésité, diabète et maladies cardiovasculaires. Ou encore de la publicité pour ce que Mona Chollet appelle le "complexe mode-beauté" (vêtements, cosmétiques, etc.) et qui impose partout une image artificielle, biaisée et inatteignable de la femme, générant des troubles alimentaires tels que l'anorexie ou la boulimie chez un nombre croissant de femmes, jeunes et moins jeunes [20] Evidemment, ce genre de publicités pour les grands groupes agroalimentaires est d'autant plus néfaste qu'ils visent souvent les enfants (barres chocolatées, bonbons, sirops, chips, biscuits, etc.) [21].

Et bien sûr, il y a la publicité pour les médicaments. Si l'on y réfléchit 30 secondes, on se rend vite compte que sur le principe, rien ne justifie cette aberration. Les gens qui ont un réel besoin de médicaments vont en consommer (publicité ou pas), et les autres doivent à tout prix éviter d'en consommer. Alors à qui diable s'adressent ces publicités ? Si un médicament est utile et efficace, il se vendra tout seul. Alors de deux choses l'une : soit la publicité a pour but d'exagérer l'utilité et l'efficacité d'un médicament relativement à ses rivaux dans l'esprit de ceux qui en ont un réel besoin (ce qui n'est pas très éthique), soit elle a pour but de vendre des médicaments à des gens qui n'en ont absolument pas besoin (ce qui est peut-être encore pire). La question qui se pose dès lors est la suivante : pourquoi la publicité pour les médicaments est-elle autorisée ?

Cette position peut sembler extrême, surtout en Suisse (où l'industrie pharmaceutique est florissante), mais il est intéressant de noter qu'il n'y a pas si longtemps, jusqu'en 1997, les entreprises pharmaceutiques ne pouvaient pas diffuser d'annonces commerciales à destination du public américain... [22] Les temps changent.


Données et vie privées

Dans le domaine de la vie privée, et en particulier depuis l'avènement et la démocratisation d'internet, la récolte systématique de données concernant les habitudes de consommation fait peser une nouvelle menace. Ces données sont du pain béni pour les entreprises souhaitant nous abreuver d'une publicité encore plus efficace, mais elles posent d'ores et déjà de nombreux problèmes déontologiques.

Ainsi, sous prétexte de personnaliser les publicités (pour le bien de l'internaute, évidemment...), la récolte de données (notamment les habitudes de navigation, grâce aux cookies) permet par exemple une fixation dynamique des prix. Voici le scénario typique : « La semaine dernière, vous avez acheté un billet d'avion pour Montréal. Après avoir consulté  le tarif sur le site de la compagnie aérienne, vous avez navigué sur Internet à la recherche d'une meilleure offre, pour finalement revenir au site original. A votre grand étonnement, le tarif avait grimpé. Vous vous êtes empressé de réserver votre billet avant que son prix n'augmente davantage. Vous vous êtes fait avoir. […] Le site [a pu] vous suivre à la trace sur le Web, et vous identifier comme un client à fort potentiel : de toute évidence, vous aviez très envie de voyager. Lorsque vous êtes revenu voir le billet convoité, il vous a reconnu et n'a eu qu'à augmenter le prix pour vous convaincre de conclure la transaction. » [23]

De plus, la récolte des habitudes de consommation sur les sites marchands permet d'aller plus loin, en transformant, malgré eux, les consommateurs en agent publicitaires vantant involontairement le mérite de tel ou tel produit, grâce au système des "recommandations", popularisé par Amazon (« ceux qui ont acheté X ont également acheté Y »). Ainsi, on peut aisément générer des désirs chez le consommateur, déguisant le procédé sous une forme "démocratique" et collaborative, feignant un bouche à oreille naturel et désintéressé, mais appauvrissant d'autant la diversité culturelle en amplifiant les grosses ventes au détriment des oeuvres plus pointues.

Ces dernières années, cette traque du consommateur sur Internet s'est encore accentuée grâce à la géolocalisation, qui permet de localiser géographiquement un utilisateur connecté à Internet à l'aide d'un terminal mobile (smartphone, tablette, ordinateur portable). On ne se contente plus de récolter vos habitudes de navigation sur Internet, mais on cherche également à connaître vos habitudes de « navigation » dans le monde réel. On sait où vous allez, quand vous y allez, à quelle fréquence, etc. de manière à pouvoir vous offrir des publicités extrêmement ciblées et délivrées en temps réel dans vos déplacements. Et plus le nombre de données récoltées augmente, plus les possibilités de recoupement avec les données d'autres utilisateurs sont grandes (notamment grâce aux réseaux sociaux) et plus l'emprise des entreprises sur nos vies échappe à notre contrôle. [24]


Tiers-monde

Les problèmes que soulèvent la publicité se posent également à une échelle plus globale. En effet, la publicité s'infiltre dans les moindres interstices des sociétés humaines, accompagnant l'avancée du libéralisme qui l'a engendrée et dont elle est le cheval de Troie. « Finalement, le message fondamental de l'idéologie publicitaire, c'est qu'il n'existe pas de communauté vivante qui ne soit vouée à devenir une société de consommation. » [25] Cette imposition de la vision libérale et marchande du monde, et avec elle du mode de vie occidental, produit ses effets les plus délétères dans le tiers-monde, où « la fausse sollicitude des publicitaires s'apparente à celle des marchands de drogues : on ne va tout de même pas vous priver du superflu sous prétexte que vous manquez du nécessaire. » [26]

Les mécanismes permettant l'émergence dans le tiers-monde d'un marché pour les annonceurs sont particulièrement insidieux : « Un triple mirage fonctionne, sans cesse cultivé pour asservir l'imaginaire des populations : mirage de la vie urbaine auprès des ruraux, mirage des consommations de l'élite sociale auprès des démunis des faubourgs, mirage du mode de vie occidental auprès des classes dirigeantes des pays en voie de développement. Les mêmes publicités, les mêmes stéréotypes culturels par glissements successifs passent des cités occidentales aux luxueuses revues des bourgeoisies du tiers-monde, puis de ces revues sur des affiches, ou dans les spots télévisés, visibles par tous. » [27] Là encore, la publicité semble inexorablement vouée à submerger tout ce qui se trouve sur son passage, l'appel d'air des nouveaux marchés à conquérir accélérant d'autant sa progression fulgurante.


Gaspillage

La structure du marché publicitaire, couplé à une concentration économique de plus en plus forte, fait apparaître un phénomène de gaspillage terrifiant. Imaginons une situation où deux sociétés, A et B, sont en concurrence pour un même marché (par exemple, deux fabricants de rasoirs jetables). Lorsque A décide d'augmenter son budget publicitaire pour capter des parts de marché à sa rivale, B devra également augmenter son budget publicitaire pour conserver ses parts de marché. Elle peut même décider d'aller encore plus loin et d'investir encore davantage pour capter à son tour de nouvelles parts de marché, ce qui poussera A à faire de même, et ainsi de suite. On assiste donc à une course à l'armement dont le seul résultat sera de conserver le statu quo (la consommation de rasoirs jetables ne pouvant croître indéfiniment). Les sommes faramineuses gaspillées de la sorte l'auront été en pure perte.

Gardons à l'esprit que les colossaux budgets publicitaires sont directement répercutés sur le prix d'achat et sont donc payés par le consommateur : sur le prix de chacun des objets que nous achetons, une part plus ou moins grande est destinée à payer la publicité du produit en question, devenant ainsi une sorte de taxe publicitaire implicite, pouvant atteindre des pourcentages très importants, dans le cas d'une voiture, d'un vêtement ou d'un produit cosmétique, par exemple. Mais contrairement à la TVA, cette taxe-là n'est pas inscrite sur le ticket de caisse (ce serait pourtant intéressant pour le consommateur), et en fonction du produit, elle peut atteindre 20, 50 ou 80% (dans le cas des cosmétiques).

Concrètement, quelle est l'étendue de ce gaspillage ? Pour se faire une vague idée, il faut savoir que pour la seule année 2007, les dépenses publicitaires mondiales annuelles se sont élevées à 363 milliards de dollars. Mais que représente un tel chiffre ? C'est plus du tiers des dépenses militaires mondiales annuelles (988 milliards de dollars en 2008 [28]) et 70 fois le budget annuel de l'ONU (5,15 milliards de dollars en 2012 [29]). A titre de comparaison, on estime que 67 milliards d'euros par an pendant dix ans (soit 670 milliards au total) suffiraient à concrétiser les objectifs à moyen terme de la lutte contre le réchauffement climatique... [30]

Dans le cas de l'industrie pharmaceutique, par exemple, les sommes colossales investies dans la publicité ne le sont pas dans la recherche. La division "Pharmaceuticals" de Novartis a investi 27% de son chiffre d'affaires dans la publicité (soit 8,7 milliards de dollars, plus d'une fois et demie le budget annuel de l'ONU), contre 21% pour la recherche. [31]

Rien qu'en Suisse, en 2012, les dépenses publicitaires dans les médias se sont élevées à 4'400 millions de francs [32]. Autrement dit, chaque habitant de la Suisse (actif ou non-actif, enfants et retraités compris) paie en moyenne 550 francs par an en publicité, soit près de 2'200 francs par an pour une famille de quatre personnes.

Et c'est sans parler des gargantuesques gaspillages de ressources. Je pense en particulier aux montagnes de papiers utilisées pour imprimer les publicités déversées chaque jour dans nos boîtes aux lettres; ou encore à l'énergie consommée pour des panneaux publicitaires déroulants et/ou éclairés (de plus en plus remplacés par des écrans à cristaux liquides encore plus gourmands), et qui engendrent de la pollution lumineuse et électromagnétique... Dans un monde où les ressources viennent à manquer, c'est ce qu'on pourrait appeler une aberration.


Conclusion

Pour toutes ces raisons (et d'autres encore), on peut raisonnablement considérer que la publicité dans son ensemble (ou presque) est une extrême nuisance qui génère des ravages incalculables dans nos sociétés et qui provoque indirectement des dizaines de milliers de morts, si ce n'est plus, chaque année dans le monde. Alors, « mensonger, calomniateur et diffamatoire » ?




Notes
Source de l'illustration: www.worth1000.com
[1] Voici un exemple. Les autres sont identiques avec un slogan différent.
[2] Plainte de Publicité Suisse, adressée à la Commission Suisse pour la Loyauté, 30 mai 2013
[3] Le CIPRET Genève réagit après le depot de plainte de Publicité Suisse, Tribune de Genève, 5 juin 2013
[4] Ignacio Ramonet, "La fabrique des désirs", Monde diplomatique, mai 2001.
Ce chiffrant datant de 2001, il est probablement plus élevé aujourd'hui.
[5] Dan Schiller, "Des parasites dans notre quotidien", Monde diplomatique, mai 2001.
[6] Il est vivement conseillé d'installer dans son navigateur un plugin de type AdBlock, qui bloque la publicité.
[7] "Distraction du conducteur : définition, mécanismes, effets et facteurs modérateurs", expertise collective de l'INSERM, 2010
[8] Ignacio Ramonet, ibid.
[9] François Brune, "De l'enfant-roi à l'enfant-proie", Monde diplomatique, septembre 2004
[10] Marie Bénilde, "Des marques au fer rouge dans nos consciences", Monde diplomatique, mai 2001
[11] Banques/Petit crédit: vers une interdiction de la publicité agressive, romandie.ch, 14 mai 2013
[12] François Brune, "L'« antipub », un marché porteur", Monde diplomatique, mai 2004
[13] Jean Pérès, "La presse quotidienne qu'on dit 'gratuite'", Acrimed, 14 décembre 2011.
[14] Serge Halimi, "Recomposition brutale, racolages à tous les rayons", Monde diplomatique, octobre 2009.
Cette situation d'indépendance présente un risque : presque tout le chiffre d'affaires repose sur les achats en kiosque et les abonnements.
[15] Serge Halimi, "La publicité, c'est la liberté", Monde diplomatique, juin 1997
[16] François Brune, "De l'enfant-roi à l'enfant-proie" , Monde diplomatique, septembre 2004
[17] Ignacio Ramonet, ibid.
[18] François Brune, ibid.
[19] Paul Moreira, "Les enfants malades de la publicité", Monde diplomatique, septembre 1995
En 1995, on estimait que 20 millions d'élèves américains utilisaient du "matériel pédagogique" parrainé par les entreprises.
[20] Mona Chollet, "Beauté fatale, Les nouveaux visages d'une aliénation féminine", Editions Zones, 2012
[21] Paul Moreira, ibid.
[22] C. Lee Ventola, "Direct-to-Consumer Pharmaceutical Advertising: Therapeutic or Toxic?", Pharmacy and Therapeutics, octobre 2011
[23]  Jacques Nantel et Ariane Krol, "Pêcher le client dans une baignoire", Monde diplomatique, juin 2013
[24] Il est vivement conseillé d'installer dans son navigateur un plugin de type Ghostery, qui bloque les trackers présents sur les pages web.
[25] François Brune, "L'annonce faite au tiers-monde", Monde diplomatique, mai 1998
[26] François Brune, ibid.
[27] François Brune, ibid.
[28]  Riccardo Petrella, "Deux obstacles sur le chemin de Copenhague" , Monde diplomatique, décembre 2009
[29] Budget des Nations Unies, site officiel
[30] Riccardo Petrella, ibid.
[31] Novartis, rapport annuel 2012
[32] Ce chiffre était de 5'330 millions de francs en 2007. Il ne s'agit là que des coûts de distribution de la publicité dans les médias. Cela n'inclut pas le conseil, la conception et la création de la publicité. Les données du REMP sont ici .
A noter les liens étroits entre le REMP, l'association Médias Suisse, Tamedia et l'ATS. Ces liens sont décrits ici: L'ATS colonisée par Tamedia


17 commentaires

vendredi 19 juillet 2013 @ 23:32 HONGRE a dit : #1

Excellent article, qui domine très bien le sujet. N'hésitez pas à lire "Le Bonheur conforme", récemment republié par les éditions de Beaugies. Faites signe à l'auteur: je suis persuadé qu'il vous enverra gracieusement cet essai.
FBH

mardi 30 juillet 2013 @ 19:10 Discorde a dit : #2

Désole de décevoir le commentaire précédent mais cet article ne domine absolument pas le sujet... Pour un blog qui "vise à éveiller l'esprit critique de ses lecteurs [...] pour aider tout un chacun à se forger une opinion personnelle" en partageant "des points de vues alternatifs et hétérodoxes", cet article ne devrait pas avoir sa place tant il est pamphlétaire et à visée unique sur un système aussi complexe que la publicité.

De plus, c'est toujours drôle de lire quelqu'un vantant son partage de pensées différentes et ayant comme auteurs de référence deux monstres de la pensée dominante actuelle que sont Noam Chomsky et Pierre Bourdieu... Et ne parlons pas de la majorité des liens de l'article menant au Monde diplomatique (publicité déguisée ?), ce qui laisse à penser qu'un travail de fond et de lecture hétérodoxe fut fait...

Mais reprenons:

. Point de départ

"Dans les pays libéraux comme la Suisse, la publicité est un secteur puissant qui agit en lien étroit avec les grandes entreprises privées et les médias."

Quel est l'intérêt de cette remarque ? Dans les pays non libéraux, la publicité n'est pas un secteur puissant en lien étroit avec les grandes entreprises privées et les médias ? La France, patrie socialiste, n'a-t-elle pas Publicis ou Lagardère ? Première phrase: premier parti pris; ça commence très mal, même si c'est pour amener l'affaire publicitaire suisse.

"Car nombreux sont ceux qui pensent que la publicité dans son ensemble est néfaste pour la société, et qu'elle provoque des ravages incalculables, y compris des pertes en vies humaines."

Ah oui ? Combien de personnes ? Un chiffre ? Un pourcentage ?
Cette partie n'apporte pas grand chose sinon une bisbille lobbyiste et qu'elle permet de lancer les poncifs suivants.

. Matraquage

La remarque sur le nombre de publicités est correcte mais où est la réflexion ? Pourquoi les entreprises font-elles tant d'efforts financiers pour émettre autant de publicités ?
Des sondages ont mis en avant qu'un matraquage publicitaire était contre-incitatif, les clients se détournant des marques dont la publicité est trop présente. Il serait étonnant que les services communication de ces entreprises ne soient pas au courant et pourtant, ce matraquage ressenti persiste; pourquoi ? Peut-être les entreprises ne cherchent-elles pas à matraquer leur message mais à le rendre simplement visible de tous, au détriment de ceux qui ont accès à tous les moyens de diffusion de la publicité.

"Le principal support de la publicité reste la télévision."

Non, faux. En 2012, la dépense de communication des annonceurs est majoritairement, à 29,2% soit 9,042 milliards d'euros, dans le marketing direct; dont 4,079 milliards pour le mailing. La dépense de communication de la télévision est de 3,973 milliards d'euros pour 3,097 milliards d'euros pour la presse; ce qui donne respectivement 12,8% et 10%. Pour des recettes de 3,337 milliards d'euros pour la télévision et 3,209 milliards d'euros pour la presse. Le secteur le plus rentable est donc la presse.

"Mais que faire contre l'invasion inéluctable de l'espace public par les publicités ? […] Quiconque a déjà essayé de poser des affiches (pour un concert par exemple) sait combien il est devenu difficile de nos jours de trouver des espaces d'affichage libre."

Où est la réflexion ? Qu'est-ce que l'espace public, par exemple ? Lorsqu'une régie publicité loue un espace dans un jardin de particulier pour que le panneau ait une visibilité dans la rue, est-on dans le domaine du public ou du privé ? Ces affichages sur panneau sont sous contrat de location ouvert à tous: à part le prix, qu'est-ce qui empêche un particulier d'y afficher ses annonces ? Et quel est le rôle de l'État dans l'histoire, en empêchant l'affichage sauvage - pourtant dans l'espace public - et l'affichage politique hors élection ?

"Notons au passage que l'envahissement de l'espace public par les publicités peut également causer des morts de manière directe, notamment quand on pense à l'aberration que sont les panneaux publicitaires placés le long des routes"

Certes, mais continuons la réflexion: si ces panneaux détournent l'attention du conducteur et deviennent dangereux, ne serait-ce pas le cas de n'importe quel panneau, même de signalement ? Je pense notamment aux grands panneaux donnant les directions des lieux qui monopolisent l'attention lorsque nous sommes à la recherche de notre chemin; ou ces panneaux clignotants notant l'approche de travaux.
De plus, une réglementation stricte existe déjà au niveau de ces panneaux publicitaires pour minimiser leur impact. Pour l'auteur de l'article, l'aberration ne vient pas tant du détournement d'attention - qui est susceptible par bien d'autres chose - que de la publicité en elle-même.

. Idéologie

Dans cette partie, une citation m'a vraiment plu car j'ai remplacé le mot publicité par politique et je trouve que ça sonne très juste:

« La POLITIQUE promet toujours la même chose : le bien-être, le confort, l'efficacité, le bonheur et la réussite. Elle fait miroiter une promesse de satisfaction. Elle vend du rêve, propose des raccourcis symboliques pour une rapide ascension sociale. Elle fabrique des désirs et présente un monde en vacances perpétuelles, détendu, souriant et insouciant, peuplé de personnages heureux et possédant enfin le produit miracle qui les rendra beaux, propres, libres, sains, désirés, modernes... […] Structurellement réductrice, la POLITIQUE offre une vision condensée, schématique, simple de la vie. Elle recourt volontiers à des stéréotypes pour nous dicter nos désirs. Et nous faire accepter notre propre asservissement. »

Outre cela, je considère justement cette vision de la publicité comme biaisée. S'il y avait une publicité unique pour chaque famille de produit - en gros, nous aurions qu'une publicité pour une marque de pâtes, une marque de voiture, etc. -, notre esprit critique ne pourrait effectivement pas se développer. Mais c'est justement parce qu'il existe une multitude de publicités vantant chacune ses mérites que n'importe qui peut se forger un esprit critique envers les publicités: comment croire qu'un produit lave mieux qu'un autre si tous le suggèrent ? Comment croire que ce chocolat est bon si chaque marque y met de son raffinement ? Comment croire que ces préservatifs donnent de telles sensations si chaque publicités vantent la finesse de son produit ?

De plus, faire la remarque que la publicité, ou du moins le publicitaire, prend le public lambda pour un con est d'une condescendance stupéfiante: moi, auteur de l'analyse et quelques comparses ayant la même pensée, savons passer outre l'illusion qu'apporte la publicité mais vous, public du commun des mortels dont l'esprit est si friable, si malléable, vous ne pouvez pas comprendre tout ceci si je ne vous apporte pas la lueur, vous n'êtes pas doué d'esprit critique puisque nourrit par Findus, Coca Cola, Apple...

On se demande presque où est l'idéologie dans ce paragraphe tant les poncifs éculés sont assénés comme Vérité. Où est l'esprit critique de l'auteur lorsque celui-ci répète les citations d'autres auteurs ?

Il aurait peut-être été intéressant de mettre en rapport la publicité avec son temps: comment la publicité a-t-elle évolué ? Ses supports, ses messages, ses formats. La publicité ne serait-elle pas le reflet de ses contemporains plutôt qu'une illusion utopique ?
En prenant la vision d'une logique commerciale, la publicité répondrait aux attentes des consommateurs: je veux vendre mon produit mais pour cela, je dois plaire aux consommateurs pour qu'ils s'y intéressent alors je leur montre ce qu'ils veulent bien voir: du bonheur, un produit miracle, une fuite de réalité, du sexe, etc.

Si c'est le producteur qui décide de ce que le consommateur achètera, comment se fait-il que nous ayons toujours plus de choix dans les supermarchés ? Comment se fait-il que nous connaissions les slogans des marques et que nous prenions les produits les moins chers ? Comment se fait-il qu'en étant manipulé par la publicité, vous n'alliez pas manger à McDonald's, malgré l'envie irrépressible à chaque vue d'un burger ? Et si c'était pleinement efficace, comment pourriez-vous rendre compte de cette pratique ?

"la publicité ne fait que renforcer l'idéologie néolibérale dominante aujourd'hui dans nos sociétés […] Autrement dit, le rythme "naturel" de consommation (commandé par la demande et les dépenses des consommateurs) est désormais dépassé par la course effrénée de l'orchestration du désir par la publicité, induisant une surconsommation globale."

La pensée (néo)libérale est basé sur une économie d'offre et non de demande, l'auteur confond avec l'économie de marché de la Social-Démocratie, celle-là même qui encourage la consommation pour obtenir de la croissance et n'hésite pas à faire baisser les taux d'intérêt des banques pour faciliter les emprunts; ce qui est déploré à la fin de ce paragraphe. Mais vu les références au Monde diplomatique, ça ne m'étonne pas.

"Demandons-nous qui profite vraiment de cette de consommation de masse, puisque ce n'est pas la masse."

C'est une très bonne remarque qui aurait été intéressant de développer.

. Information

il y a de bonnes remarques dans ce paragraphe: l'impact de la publicité sur l'indépendance des médias est réellement important. Mais cela n'est pas que l'attribut de la publicité; c'est plutôt une remarque à faire à la presse en général et à son système de financement. Si ce n'est par la publicité, les médias sont financés par les subventions publiques. Où est donc l'indépendance si "Les médias se gardent bien de mordre la main qui les nourrit." ?

Mais autant il y a de bonnes remarques, autant il y a des sophismes:

"Cette dégradation de la qualité de l'information […] provoque inévitablement une baisse de la qualité de la démocratie, rendant ainsi d'autant plus difficile le débat public sur nombre de sujets"

Commençons par la prémisse: la qualité de l'information. Comment la mesurer ? Faut-il la prendre dans un journal ou dans la diversité des journaux ? Voire la diversité des médias ? Par rapport à qui est-elle de qualité ? Depuis quand se dégrade-t-elle ? Est-ce dû impartialement à la publicité ? L'information peut-elle être donnée de manière objective ?

Comment mesurer la qualité d'une démocratie ? Un peuple dont la qualité de l'information baisse devient-il tyrannique ? (là, je conseille plutôt de lire "Le Discours de la servitude volontaire" de La Boétie)
En quoi la qualité d'une information, qui est une subjectivité, peut-elle rendre difficile le débat public ? Qu'est-ce que le débat public ? Qui participe ?

"Mais elle provoque également des effets plus directs, en particulier dans un système de démocratie directe comme la Suisse"

Pourquoi l'exemple de la Suisse ? L'Islande, démocratie directe, est-elle exemptée de ce système décrié ? La France, démocratie indirecte, est-elle exempte de ce système décrié ? Est-ce la publicité ou la démagogie qui inonde de slogans plus ou moins fallacieux ?
Titillons un peu plus: le système de démocratie directe est-il alors mauvais ? Doit-on laisser un peuple choisir librement et directement ce qu'il souhaite malgré la démagogie ?

. Enfants

S'il fallait parler d'esprit critique, c'est bien dans ce paragraphe-ci. Les enfants sont dans l'apprentissage d'un esprit critique et les parents ont la responsabilité de leur apprendre ces choses-là.
Je trouve gênant de tout mettre sur le dos de la publicité là où des phénomènes sociologiques détaillés expliquent le comportement des enfants, notamment le conformisme qui tend à une uniformisation de groupes comme signe de reconnaissance.

A part ça, toujours le fantasme de la manipulation mais dans les faits, qui achète encore régulièrement les mêmes marques qu'il consommait dans son enfance ?

. Santé publique

"Mais on pourrait aussi parler de la publicité pour les boissons alcoolisées, qui provoque indirectement des accidents de la circulation et des problèmes de santé à grande échelle ; ou encore la publicité pour les fast-foods et la "malbouffe", qui incite à adopter un mode de consommation alimentaire provoquant obésité, diabète et maladies cardiovasculaires."

Jolis sophismes. Nous restons dans l'idée de manipulation et occultons totalement la responsabilité individuelle. C'est vrai qu'une personne qui prend le volant complètement bourré, c'est parce qu'il a vu une publicité pour son alcool préféré... Et que l'obésité n'est pas dû à une partie de population qui fait de moins en moins d'efforts... Comment tout mélanger pour discriminer la publicité...

. Données et vies privées

Je suis complètement d'accord sur ce paragraphe. Par contre, ce n'est pas tant la publicité que j'incriminerai que les plateformes qui permettent ce genre de procéder en flouant les usagers sur les conditions d'utilisation.

De même, je ne suis pas aussi pessimiste: les entreprises ont seulement le contrôle sur ce qu'on leur donne. Il existe aujourd'hui des logiciels qui permettent de bloquer ces accès, par exemple; ou bien, il suffit de retirer la géolocalisation sur son smartphone; etc. Il faut donc informer les personnes de ces possibilités qui existent déjà. Les entreprises le savent et tentent de rattraper cela comme elles le peuvent - voir les moults changement de conditions sur Facebook depuis ses débuts.

Par contre, je ne comprends pas:

"Ainsi, on peut aisément générer des désirs chez le consommateur, déguisant le procédé sous une forme "démocratique" et collaborative, feignant un bouche à oreille naturel et désintéressé, mais appauvrissant d'autant la diversité culturelle en amplifiant les grosses ventes au détriment des oeuvres plus pointues."

C'est tout à fait démocratique, il n'y a pas de guillemets à mettre. Si ces publicités ciblent les gens, alors les offres qui nous sont faites correspondent à nos attentes. Qu'une majorité mette en avant un produit plutôt qu'un autre est un système basique d'offre et de demande: ce produit plaît et par ciblage peut vous correspondre, alors il vous sera mis en avant. Si les œuvres plus pointues plaisaient au plus grand nombre, le mécanisme agirait de même. Il faut simplement se rendre à l'évidence: les œuvres plus pointues - qu'il faudrait définir, d'ailleurs, car ça ne veut rien dire - n'attirent pas ou peu.

. Tiers monde

Encore un paragraphe sans aucune réflexion. J'ai même l'impression qu'on peut discerner un paragraphe sans réflexion au nombre de citations données...

Le Libéralisme comme Cheval de Troie de la publicité... Donc, nous sommes passés du Néolibéralisme au Libéralisme sans que ça ne choque: quelles sont les différences ? Quels sont les points communs ? Puis, sérieusement ? Le Socialisme - ou le Communisme - n'utilise-t-il pas la publicité ? Les dictatures n'utilisent-elle pas la publicité ? C'est bien connu que sous la Monarchie française, bien loin du Libéralisme, personne ne faisait de publicités...

Ensuite, ces mirages insidieux imputés à la publicité dans le Tiers Monde - mais qui parle encore du Tiers Monde aujourd'hui ??? - ne sont-elles pas seulement, encore une fois, le reflet de ce que recherche les gens ? L'exode rural, observé tout au long de l'Humanité, a-t-il eu besoin de publicité pour attirer les paysans à la ville ? Les paysans du Moyen Âge n'ont-ils jamais rêvé du luxe de la Monarchie ?

. Gaspillage

Je crois que ce paragraphe montre l'incompréhension économique de l'auteur. La simplification volontaire de situation économique rend les assertions soit hors sujet, soit fausses.

"Lorsque A décide d'augmenter son budget publicitaire pour capter des parts de marché à sa rivale, B devra également augmenter son budget publicitaire pour conserver ses parts de marché."

Faux. C'est l'acte de consommation qui définit les parts de marché. Si A inonde de publicité mais que son produit n'est pas efficace, B n'aura rien à faire de plus. C'est, en général, ce qui arrive avec un nouvel entrant sur un marché: celui-ci tend à inonder de publicités pour se faire connaître mais les autres acteurs n'ont qu'à attendre de voir les conséquences avant d'agir.
Deux exemples:
. Apple et l'iPhone: personne n'attendait un succès du produit. Nokia, à l'époque leader du marché des téléphones portables, n'a pas réussi à s'en sortir, proposant des smartphones de moindre qualité aux yeux du public, avec, pourtant, force de campagnes publicitaires.
. Microsoft et Windows Phone: à l'heure où Android et iOS se partagent le marché des smartphones, Microsoft, malgré des efforts publicitaires, n'a pas su imposer son système. Les autres entreprises n'ont alors rien eu à faire.

L'erreur vient de la pensée qu'une publicité serait égale à un acte d'achat - par manipulation et autres fantasmes; ce qui n'est pas le cas. L'acte de consommation est beaucoup plus complexe est dépend avant tout de l'offre proposée à un moment T.

La course à l'armement, si justement dénommée, n'est pas à rechercher dans la publicité mais dans l'innovation proposée des acteurs d'un marché. Et si l'auteur avait réfléchi deux secondes, il se serait rendu compte que l'idée d'un combat publicitaire entre deux produits équivalents, vantant des mérites peu ou prou de même facture, serait un peu benêt puisque le choix du public se porterait selon une préférence toute subjective (des couleurs, un slogan, une musique, etc.); ou en toute logique de manipulation, le public achèterait les deux - c'est même les enfants qui conseilleraient de prendre les deux !
Alors que pour obtenir des parts de marché à sa rivale, l'entreprise n'a que le choix de se différencier de l'autre en proposant un produit plus efficace: une forme profilée, de meilleurs lames, un système de sécurité, etc.

"Gardons à l'esprit que les colossaux budgets publicitaires sont directement répercutés sur le prix d'achat et sont donc payés par le consommateur : sur le prix de chacun des objets que nous achetons, une part plus ou moins grande est destinée à payer la publicité du produit en question, devenant ainsi une sorte de taxe publicitaire implicite"

Ça, c'est du foutage de gueule. C'est prendre des vessies pour des lanternes. Car si nous allons dans ce sens, alors les salaires des employés de l'entreprise sont directement répercutés sur le prix d'achat: c'est une taxe salariale implicite. Mais par hypocrisie, j'imagine que cette taxe est tout à fait normale, puisqu'elle paie les employés, alors que celle de la publicité... Eh oui ! chaque prix d'un produit est le reflet de plusieurs dépenses pour le concevoir: le coût des matières premières, de leur extraction, de leur transport, de leur transformation; le coût de la conception, de la communication du produit, de la distribution. Dans ce cas, ne pas oublier les "vraies" taxes imposées par l'État qui augmentent considérablement le prix des produits - merci les TIPP qui représentent 80% du prix de l'essence à la pompe...!
Vouloir séparer tous ces mécanismes pour ne retenir que nous payons implicitement la publicité est tout à fait fallacieux et hypocrite. De plus, c'est manifestement changer le sens des mots.

"Concrètement, quelle est l'étendue de ce gaspillage ? Pour se faire une vague idée, il faut savoir que pour la seule année 2007, les dépenses publicitaires mondiales annuelles se sont élevées à 363 milliards de dollars."

Encore une fois, il aurait été intéressant de se pencher sur les raisons de ces dépenses faramineuses. Si, de l'aveu d'une majorité, cela revient à du gaspillage - c'est-à-dire que les dépenses sont faites irrationnellement dans un système qui ne fonctionne pas - pourquoi les entreprises sont-elles prêtes à mettre autant d'argent dans la publicité ? Les entreprises seraient-elles toutes irrationnelles au point de faire n'importe quoi ? Les consommateurs seraient-ils tous irrationnels au point d'accepter tout ce gaspillage ?

"Et c'est sans parler des gargantuesques gaspillages de ressources. Je pense en particulier aux montagnes de papiers utilisées pour imprimer les publicités déversées chaque jour dans nos boîtes aux lettres;"

Combien ? Quelle est la part de l'industrie du papier là-dedans ?

"ou encore à l'énergie consommée pour des panneaux publicitaires déroulants et/ou éclairés (de plus en plus remplacés par des écrans à cristaux liquides encore plus gourmands),"

Combien ? Pourquoi les entreprises seraient prêtes à utiliser ce genre de système si la consommation énergétique est si affriolante ? Quid de la production continue et uniforme des centrales énergétiques ?

. Conclusion

La conclusion est à la hauteur de l'article: sans réflexion. Il n'y a pas de système de valeur nuançant le jugement et donnant, dans un souci d'impartialité pour ouvrir à l'esprit critique, une réflexion sur les choses à faire pour changer ce qui ne fonctionne pas, mettre en avant ce qui fonctionne, et laisser le lecteur seul juge d'un système complexe qui demande à être étudié en profondeur. Ici, la conclusion n'est qu'un rappel de l'introduction où finalement, la messe y était déjà dite. Lire cet article ne provoque certes pas de morts (quoique) mais contribue à l'ignorance et le manque d'esprit critique que l'auteur semble vouloir combattre.

"Alors, « mensonger, calomniateur et diffamatoire » ?"

Oui, complètement, l'auteur obtient 3/3 !

mardi 30 juillet 2013 @ 20:34 Adriano Brigante a dit : #3

@Discorde: Merci d'avoir partagé ici votre point de vue, même si, vous vous en doutez, je ne suis absolument pas d'accord avec vous. D'une part, vous ne semblez pas comprendre que c'est un article de synthèse et que je ne peux pas entrer dans le détail de chaque élément, de chaque mécanisme ou de chaque chiffre, en donnant l'historique de la publicité à travers les âges ou l'analyse détaillée de la consommation horaire d'un panneau rotatif éclairé. D'autre part, vous mélangez beaucoup de choses (par exemple quand vous mettez sur un pied d'égalité les coûts de fabrication et les coûts publicitaires) et vous faites souvent complètement fausse route (par exemple, vous semblez penser que la France n'est pas un pays libéral, ou que la publicité pour le fast-food n'a aucun impact sur la consommation de fast-food...). Bref, je ne partage pas du tout votre point de vue, mais au moins il contribue au débat.

mardi 30 juillet 2013 @ 21:43 Eriul a dit : #4

La France est un pays libéral ?

Donnez-nous donc le nom de cinq auteurs libéraux célèbres. Sans regarder sur le net, soyez honnêtes.

Et maintenant, le nom de cinq auteurs communistes. C'est plus facile, non ? :)

mercredi 31 juillet 2013 @ 14:14 Fanny Escabeau a dit : #5

Article intéressant mais je suis toujours perplexe sur ces histoires de données et vie privée... C'est très européen... Aux USA un bon nombre d'entreprise ne vit que de la vente de données... je ne m'en "fiche" pas mais je reste un peu entre-deux. Ceci-étant, je suis bien d'accord que le système d'augmentation des prix de voyages par exemple est absolument abjecte.

mercredi 31 juillet 2013 @ 14:22 Cathy Construction a dit : #6

La publicité gagne du terrain aussi dans les pays en voie de développement, lorsque je voyage, je m'aperçois que l'on me demande si je peux donner un ipad (je n'en ai pas moi-même) et sur une plage déserte, pour boire un coup dans une cabane, il y avait des QR codes affichés, c'était assez décalé mais ça montre que parfois la pub fait oublier nos besoins élémentaires pour des besoins plus superficiels en inversant les priorités

mercredi 31 juillet 2013 @ 17:04 Adriano Brigante a dit : #7

@Eirul: Donc pour vous, le libéralisme d'un pays se mesure au nombre d'auteurs d'un bord ou de l'autre? C'est parfaitement stupide, comme façon de penser. La France est dans le tiers supérieur des pays les plus libéraux du monde et elle monte au classement, selon la pourtant très pointilleuse Heritage Foundation, que ça vous plaise ou non. Libre à vous de penser vivre en Corée du Nord.

PS: Pas la peine de crier à la censure sur le "forum de la communauté libérale" (http://www.liberaux.org/index.php/topic/51381-r%C3%A9ponse-%C3%A0-un-article-sur-la-publicit%C3%A9/). Je valide les commentaires avant publication (notamment pour filtrer le spam qui passerait les barrières).
Est-ce un trait de personnalité typique des libéraux de vouloir tout, tout de suite, et de crier à la censure gauchiste quand le caprice n'est pas satisfait dans la seconde?

mercredi 31 juillet 2013 @ 22:35 gio a dit : #8

"La France est dans le tiers supérieur des pays les plus libéraux du monde et elle monte au classement, selon la pourtant très pointilleuse Heritage Foundation"

C'est faux. La France est classée par la fondation Heritage 62e sur 177 pays, elle ne rentre donc même pas dans le premier tiers. Ensuite, la plupart des pays qui sont derrière elle sont des dictatures et/ou des pays très pauvres... Si on ne prend que les pays démocratiques et/ou développés, la France est tout en bas.

La fondation Heritage ne manque d'ailleurs pas de signaler que la France détient quasiment le record mondial de la dépense publique et de la pression fiscale. Bref, comme pays libéral on repassera. (C'est à se demander d'où sort la dette publique, le trou de la sécu, les dépenses publiques qui sont passées de 12,6% du PIB en 1912 à 39% sous de Gaulle et à plus de 56% de nos jours.)

Il est stupéfiant qu’il faille encore démontrer que la France, avec son fameux « modèle-social-que-le-monde-nous-envie » est un pays étatiste, dont la centralisation administrative et bureaucratique est une tradition bien ancrée. (Influences bonapartistes, jacobines, colbertistes, gaullistes, socialistes...)

Avec plus d’un millions de fonctionnaires, la seule Éducation Nationale Française est l’un des plus importants employeurs au monde. (Oui j'ai bien dit au monde.)

On est à des années-lumière des économistes autrichiens...

"Le jour où la France sera libérale, c’est que le monde entier le sera devenu."
F. Hayek

mercredi 31 juillet 2013 @ 22:59 gio a dit : #9

"ou que la publicité pour le fast-food n'a aucun impact sur la consommation de fast-food"

Ouais, comme disait Renaud : c'est pas l'homme qui prend le verre, c'est le verre qui prend l'homme.

Il se trouve que malgré le matraquage publicitaire, je ne vais jamais au fast-food. Comme je ne crois pas être surhomme plus intelligent ou capable que les autres, je considère que tout ce que je fais, n'importe qui peut le faire. Par exemple n'importe qui est capable de ne pas consommer de fast-food s'il ne le souhaite pas.
Bref si les gens consomment des fast-food, c'est bien parce qu'ils y consentent. C'est leur choix et je le respecte. Tant que moi je ne suis pas obligé d'en consommer, je ne vois pas où est le problème.

Si vous êtes capable d'avoir du recul et un esprit critique qui vous permet de ne pas vous faire aliéner par la publicité, pourquoi pensez-vous que les autres n'en sont pas capables tout seuls ?

mercredi 31 juillet 2013 @ 23:51 Adriano Brigante a dit : #10

@gio:
- Ah bon, une dictature ne peut pas être libérale? Le miracle chilien des années 70, ça ne vous dit rien? Le Chili de Pinochet était-il donc un Etat-providence?
- Les dettes publiques augmentent en France, en Italie, en Espagne, en Grèce? Sans doute parce que tous ces pays sont devenus communistes, ces 10 dernières années, je suppose... Ca n'a bien sûr rien à voir avec la dérégulation des marchés, la privatisation des profits et la socialisation des pertes, etc...
- Vous maintenez donc que la publicité ne modifie pas les comportements des consommateurs? Les dépenses publicitaires seraient donc inutiles? CQFD. Merci.

jeudi 01 août 2013 @ 12:48 gio a dit : #11

Adriano Brigante > Le Chili de Pinochet n'était pas libéral non, encore une fois vous réduisez le libéralisme à l'économie. (Il l'était seulement sur le plan économique, ce qui en a fait un des pays les plus prospère d'Amérique latine.) Vous parlez de la fondation Heritage, qui se focalise uniquement sur la liberté économique.
C'est d'ailleurs précisément pour cette raison qu'il était inutile de préciser, en parlant des derniers pays classés par la fondation, qu'il s'agit de dictature politique. Car il va de soi que la liberté économique n'y est pas respecté non plus, sinon les pays ne seraient pas en bas du classement...

Et tout cela ne change donc rien à mon message de départ : il n'y a pratiquement aucun pays démocratique moins libéral que la France.

Je vous confirme que l'éclatement des dettes publiques en France, en Italie en Espagne ou en Grêce n'ont strictement aucun rapport avec la déréglementation (et non pas dérégulation) qui n'existe pas du reste (globalement les réglementations augmentent), aucun rapport avec les privatisations non plus (au contraire) et peut-être un rapport (quoique non essentiel) avec la socialisation des pertes, c'est-à-dire en effet ce qui est dénoncé depuis toujours par les libéraux.

Je n'ai pas dit que la publicité ne modifiait pas les comportements des spectateurs. Tout ce qui vous entoure a une influence sur votre comportement dans un sens ou dans un autre. Par exemple la publicité vous a incité à écrire cet article contre la publicité. Ce que je dis, c'est que chacun reste libre de ces choix. Vous n'avez toujours pas répondu à ma question :

Si vous êtes capable d'avoir du recul et un esprit critique qui vous permet de ne pas vous faire aliéner par la publicité, pourquoi pensez-vous que les autres n'en sont pas capables tout seuls ? Sont-ils moins intelligents que vous ? Ainsi, devrions nous être guidés par une élite éclairée qui nous "émanciperait" à notre place ?

vendredi 09 août 2013 @ 17:32 Discorde a dit : #12

Merci d'avoir publié mon commentaire, malgré mes erreurs de manipulation.

Je ne pouvais évidemment pas prendre cet article comme une synthèse puisqu'il n'était pas défini ainsi. J'ai simplement recherché le but de ce blog et fait ressortir vos dires de la présentation.

De plus, si votre article est une synthèse, rien ne vous empêche d'y incorporer les détails de chaque élément concerné; au contraire, dirais-je même ! Il est important de prouver un maximum vos propos pour qu'ils soient réellement cohérents et synthétiques.

Si vous voulez réllement faire une synthèse, il aurait fallu démontrer votre travail de recherche en amont vous permettant de conclure ainsi chacun des paragraphes.

Vous conviendrez donc que vous n'êtes pas dans la synthèse mais dans l'article d'opinion. Et au-delà d'un conflit idéologique, c'est le reproche principal que je vous ai formulé: comment l'auteur peut-il prétendre à favoriser l'esprit critique s'il ne fait pas un vrai travail de fond ?

Maintenant, je pense comprendre l'idée: vous partez du fait que votre mode de pensée n'est pas représenté dans la doxa actuelle - dominé par le Libéralisme. Sachez que les libéraux pensent pareil de leur mode de pensée.

Mon rôle ici n'est pas ici de dire que vous avez tord mais de faire attention autour de vous et de faire réellement travailler votre esprit critique, car vous semblez autant manipulé par vos biais cognitifs que les personnes que vous dénoncez et/ou défendez.

dimanche 11 août 2013 @ 15:12 Discorde a dit : #13

Quelques remarques:

. "D'autre part, vous mélangez beaucoup de choses (par exemple quand vous mettez sur un pied d'égalité les coûts de fabrication et les coûts publicitaires)"

Non, je ne mets pas les coûts de fabrication et les coûts publicitaires sur un pied d'égalité. Je précise que le prix d'un produit reflète tout son parcours, en plus d'autres élements (la rareté, l'offre et la demande, etc.), ce qui en fait une valeur informative. Considérer ainsi que les coûts publicitaires intégrés dans un prix sont une taxe est au mieux une incompréhension de mécanisme de marché, au pire une tentative fallacieuse de controuver des faits.

. "Vous maintenez donc que la publicité ne modifie pas les comportements des consommateurs? Les dépenses publicitaires seraient donc inutiles? CQFD."

Voilà un énorme sophisme que vous commettez. Premièrement, vous ne répondez toujours pas au fait que vous ne cédiez pas aux sirènes publicitaires de ces fast-food qui pourtant manipuleraient LES consommateurs. Secondement, vous partez du principe que le seul but de la publicité est de manipuler; en gros, vous dites: si la publicité ne manipule pas alors les dépenses sont inutiles; comme les dépenses publicitaires restent énormes au fil du temps, alors elle sert à manipuler. C'est très naïf.

Vous posez pourtant une très bonne question: si la publicité ne modifie pas le comportement, quel est l'intérêt de la dépense publicitaire ? Quels sont les enjeux de la publicité ?

Maintenant, à vous de vous y intéresser réellement pour parfaire vos connaissances ou rester dans votre vision binaire.

vendredi 23 août 2013 @ 15:40 Adriano Brigante a dit : #14

@Discorde:

"Si vous êtes capable d'avoir du recul et un esprit critique qui vous permet de ne pas vous faire aliéner par la publicité, pourquoi pensez-vous que les autres n'en sont pas capables tout seuls ? Sont-ils moins intelligents que vous ? Ainsi, devrions nous être guidés par une élite éclairée qui nous "émanciperait" à notre place ?"

Je *constate* que beaucoup de gens sont très influencés par la publicité. Beaucoup connaissent le "bon côté" de la pub (renforcé par les reportages à la gloire des publicitaires et des génies du marketing), cet article tente donc de donner un contre-point et de réfléchir aux conséquences indirectes néfastes de la publicité, le côté moins reluisant qui, par définition, ne passe pas à l'antenne à longueur de journée. Ca ne veut pas dire que je pense que les gens sont moins intelligents, juste qu'ils ne se sont peut-être jamais posé certaines questions. Moi-même, il fut un temps où j'ignorais certains de ces aspects. Aujourd'hui je pense être mieux informé, ça ne veut pas dire que je pense que le reste du monde est moins intelligent que moi. Et nul besoin de recourir à des délires d'élite éclairée, je mets juste à disposition une information, libre aux gens de s'y intéresser, de chercher plus avant et de se faire leur opinion.


"Maintenant, je pense comprendre l'idée: vous partez du fait que votre mode de pensée n'est pas représenté dans la doxa actuelle - dominé par le Libéralisme. Sachez que les libéraux pensent pareil de leur mode de pensée."

C'est exactement ça, et je sais bien que nos deux camps revendiquent le statut d'assiégé. Pour les libéraux, c'était le cas à l'époque de Hayek et du Mont-Pélerin, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Si les médias sont un indicateur de l'orientation de la doxa, force est de constater que la tendance est clairement en faveur du libéralisme.


"Voilà un énorme sophisme que vous commettez. Premièrement, vous ne répondez toujours pas au fait que vous ne cédiez pas aux sirènes publicitaires de ces fast-food qui pourtant manipuleraient LES consommateurs."

Elle a un impact sur une grosse partie de la population, provoquant des conséquences pour tous les autres, notamment en orientant artificiellement le marché (industrie de la musique, par exemple, ou encore succès "artificiel" de certains produits informatiques) ou en manipulant la demande pour augmenter les prix. Vous m'accorderez à tout le moins que la publicité manipule la demande?


"Secondement, vous partez du principe que le seul but de la publicité est de manipuler; en gros, vous dites: si la publicité ne manipule pas alors les dépenses sont inutiles; comme les dépenses publicitaires restent énormes au fil du temps, alors elle sert à manipuler. C'est très naïf. "

Le but de la publicité n'est pas uniquement de manipuler, j'en conviens. Elle sert également à informer le public sur de nouveaux produits, par exemple. Mais même quand on le prend sous cette angle, le but final est de convaincre le public (ou du moins, sa portion la plus influençable) d'acheter le produit. Et ça ne justifie par pour autant le côté invasif de la publicité. Si un produit est bon, le marché devrait pouvoir le juger sans qu'il soit besoin de recourir à un matraquage permanent.


"Maintenant, à vous de vous y intéresser réellement pour parfaire vos connaissances ou rester dans votre vision binaire."

C'est ce que j'essaie de faire en permanence, en lisant autant que mon emploi du temps le permet, et je n'exclus jamais a priori la possibilité de changer complètement d'avis. Cela étant dit, je pense avoir de solides raisons de m'estimer dans le vrai, même si je sais que c'est également votre cas. Vous êtes farouchement libéral, je suis farouchement anti-libéral, et nous ne nous entendrons probablement jamais sur ce point.

Sur liberaux.org, vous dites:
"Il semblerait que le bonhomme soit fâché car il ne répond plus. Étrange notion de débat lorsque celui-ci se retire dès qu'il lit des contre-arguments."
Je suis auto-entrepreneur, je n'ai donc qu'un temps très limité à consacrer à mon activité d'écriture sur mon blog. Si j'étais fâché, je n'aurais peut-être tout simplement pas publié vos commentaires. Quant à ma notion du débat, vous êtes mal placé pour la critiquer, vous qui avez appelé vos camarades de liberaux.org de venir me "harceler"...

jeudi 26 septembre 2013 @ 01:18 gio a dit : #15

"Je *constate* que beaucoup de gens sont très influencés par la publicité."

La publicité influence les gens, rien que de normal, elle est faite pour cela. Mais ce que tu ne veux manifestement pas comprendre, c'est que cette influence n'est en rien mécanique : la publicité n'influence que les gens qui y consentent.
Si certaines personnes ne subissent pas cette influence et ce "conditionnement" c'est parce qu'ils ne veulent pas la subir.
Les uns se rendent compte du "conditionnement" et les autres n’ont tout simplement pas envie de se rentre compte. C’est leur choix et je le respecte.

"Ca ne veut pas dire que je pense que les gens sont moins intelligents, juste qu'ils ne se sont peut-être jamais posé certaines questions."

...et c'est leur libre choix, tout comme c'est le libre choix des autres de se poser certaines questions.

Paul Lazarsfeld a montré que, contrairement aux idées reçues, l'influence des médias n'est en aucune façon mécanique. L'individu reçoit les messages qu'ils émettent, les messages publicitaires par exemple, comme des informations qui arrêtent son attention dès lors que les biens et les services qu'ils vantent rencontrent ses intérêts.

Si tel est le cas, il tente de tester la fiabilité du message en s'adressant si possible à des sources à la fois crédibles et accessibles. Si un message vante à grands sons de trompe une marque de café, si je suis amateur de café et si je sais que mon ami l'est aussi, je chercherai à savoir avant de me décider s'il pratique la marque en question et, si oui, ce qu'il en pense.

Tout prosaïque qu'il soit, cet exemple permet de comprendre des phénomènes familiers, comme le fait que le bouche à oreille conduise occasionnellement au plébiscite d'un film ou d'un livre massacré ou ignoré par la critique. Ou que les sondages fassent apparaître l'opinion publique comme en rupture avec l'opinion des médias. Ou que les innovations tendent fréquemment à se déployer dans le temps selon une courbe épousant la forme d'un S étiré.
Car, dans un premier temps, ceux qui s'interrogent pour savoir s'il faut adopter une nouveauté ont rarement la possibilité de rencontrer des convertis. Puis la courbe subit une accélération, car il devient de plus en plus facile à un néophyte de consulter un converti. Elle subit ensuite à mi-parcours une décélération de plus en plus accentuée, puisqu'il y a de moins en moins de nouvelles recrues potentielles.
La forme mathématique que prend le processus de diffusion de l'innovation rappelle celle qui caractérise les épidémies. Elle résulte du simple fait que chacun des individus concernés par l'innovation se comporte de façon circonspecte.

Surtout, ces études permettaient de révoquer en doute l'idée reçue selon laquelle le public serait manipulable à merci. Or leurs enseignements ne sont toujours pas pris en compte.

"Vous m'accorderez à tout le moins que la publicité manipule la demande?"

La publicité cherche à orienter ou créer de la demande, mais il n'y a là rien d'artificiel vis à vis du marché, elle n'est qu'un élément d'influence parmi d'autres. En dernier ressort, le choix de l'individu est souverain. Si un arsenal publicitaire était la garantie absolue de la réussite commerciale, ça se saurait.

jeudi 26 septembre 2013 @ 11:44 gio a dit : #16

Quant à dire que la doxa médiatique est en faveur du libéralisme, c'est, excusez moi, une vaste blague.

vendredi 15 novembre 2013 @ 09:44 hommelibre a dit : #17

Quelques réflexion:

1. On peut en effet zapper les pubs télé ou radio. C’est une petite gym de un à deux doigts. Et en même temps on peut remercier la pub de créer des chaînes privées, qui ne sont pas la voix de l’Etat ou du pouvoir en place (France télévision) ou des doctrines en vogue (Arte). Les chaînes privées ne sont pas forcément toutes neutres mais au moins il y a le choix.

D’autre part, par la multiplication même des messages, la pub sécrète sa propre antidote. Ceci est valable en pub comme en démarches cognitives: trop d’informations tue l’information. L’esprit dès lors se prémunit contre l’envahissement, au point où, circulant beaucoup en vélo et transports publics, je remarque très peu de pubs.

En fait je ne vois que celles dont le contenu est susceptible de m’intéresser, signe ce la formidable capacité de discrimination et de sélection de l’esprit. Un peu comme, dehors, on n’entend pas tous les bruits mais seulement certains. Certains disent que les messages passent de manière subliminale et que même non vus, il imprègnent le cerveau. Mais là encore le cerveau trie et élimine. Pour qu’une prégnance dure il y faut évidemment la répétition, mais aussi un ensemble de facteurs, dont une forme d’adhésion personnelle au message ou à l’ambiance qu’il véhicule. C0‘est par l’ambiance et par l’affect que beaucoup de choses passent. Actuellement les fils et séries sur les vampires ont beaucoup de succès. Pourtant si l’on s’en tient à la base on en a vite fait le tour. Pourquoi ont-ils tant de succès? A cause des histoires d’amour qui les rendent humains. C’est ce message là qui valorise des séries par ailleurs pas toujours novatrices.

La pub vend donc un peu de rêve. Cela ne m’empêche pas d’analyser les pubs et de m’intéresser à la manière dont les messages sont construits. Il y a une grande source de créativité en général, même pour cette tête chocolat-orange ci-dessus. Plus en tous cas que pour la prestation totalement stéréotypée de Miley Cyrus (et c’est cela qui marche, cherchez l’erreur...).


2. La pub utilise des stéréotypes: oui, entre autres. Si cela marche, elle ne s’en prive pas. Elle n’est pas là pour faire sa propre analyse critique ni pour donner un cours de philosophie, comme un auteur de romans n’est pas là pour analyser son ouvrage mais pour proposer une histoire ou une vision. La pub est là pour donner une idée, vraie ou fausse, d’un produit destiné à la vente. Bien sûr elle montre des gens heureux qui n’ont que des solutions. L’inverse serait cocasse... :-) Elle n’est que subterfuge et illusion. Ou fiction et rêve, dit autrement, comme le roman, le cinéma, les contes, la poésie, la peinture. A nous de le savoir. Cela demande une prise de recul. De même que quand nous voyons un poster avec une plage et la mer, nous ne tentons pas de sauter dans l’affiche. Nous savons qu’il n’y a pas d’eau.

Dans la société libérale chacun est responsable de ses comportements et de ses choix. A nous donc de trier les informations reçues.


3. «Structurellement réductrice, la publicité offre une vision condensée, schématique, simple de la vie. Elle recourt volontiers à des stéréotypes pour nous dicter nos désirs. Et nous faire accepter notre propre asservissement. »

Je ne suis pas d’accord. Etre victime ou esclave sont des statuts très particuliers, concrets, bien définis. Je pars du paradigme que l’humain est libre et responsable, pas qu’il est victime et asservi. Ma position est à mon avis la seule libératrice, qui permet à l’individu de reprendre ou garder son pouvoir sur lui-même. La simplification est évidente, nécessaire, comme on ferait une synthèse à la fin d’un long discours. L’interactivité de la pub est qu’elle nous permet, si nous le souhaitons, de recréer l’histoire et d’y adhérer ou non.


4. Houla, la vision paranoïaque: «Dans une société superficielle et basée sur le paraître, le manque endémique d'esprit critique facilite cette acceptation de notre propre asservissement et du moule dans lequel la publicité tend à nous faire entrer : « Conduites de consommation, styles de vie, modes de pensée : c'est un modèle uniforme d'individus illusoirement libres que façonnent [...] ces publicités qui rythment l'espace médiatique.»

La société n’est pas plus superficielle aujourd’hui que par le passé. Dans certains domaine elle l’est, pas dans tous. Nous pouvons l’être par moment, pas tout le temps. Ce genre de généralisation a déjà pour effet d’enlever du crédit à la thèse qu’elle promeut. On ne peut construire une théorie sur une telle affirmation, qui manque singulièrement de corps, de fond et de nuances.

Non, la pub reprend ou répand des styles de vie plus qu’elle ne les crée. Les artistes excentriques créent ou instillent des choses (Lady Gaga), la pub s’en emparent, et les gens veulent y ressembler parce que c’est Lady Gaga, pas parce que c’est la pub. Aux parents initialement de développer l’esprit critique des enfants. Mais je réfute totalement l’idée que la pub tend à nous faire entrer dans un asservissement. Elle ne nous met pas le révolver sur la temps. Nous restons libres.


5. «Dressage du sujet-consommateur»

Encore une fois non. J’ai analysé cette question et je pense que mon analyse est la bonne: le consommateur est objet, pas sujet. Il est la cible, pas le contenu. C’est donc à lui de changer de position s’il le souhaite.

«le mythe du produit salvateur, qui doit doper son existence de jouissance et de puissance»

Et bien, il semble que les mythes forment l’esprit et construisent des comportements fondamentaux. La réussite est préférée à l’échec. En Suisse il y a Guillaume Tell, mythe fondateur positif. Les amoureux aussi ont des mythes positifs qui accompagnent leur désir de durer. C’est évidemment normal, même si cela ne suffit pas par exemple à solutionner les problèmes de couple. Mais on a tous envie de systèmes ou de produits qui marchent.


6. «une marchandisation du monde toujours plus extrême»

Vive le libéralisme! Sans quoi ce serait l’Etat, soit une micro-oligarchie, qui déciderait de nos besoins. Les époques très marchandes ont été des périodes d’enrichissement, au Moyen-Âge, chez les romains et les phéniciens, etc. De plus le commerce suppose une forte inventivité (produits et méthodes), et l’innovation se partage via les licences sur les brevets. Cela, c’est une partie du positif d’une société marchande. Beaucoup d’échanges, de partages. Comparons le niveau de vie du 17e ou 18e siècle avec aujourd’hui: le revenu moyen de la population a été multiplié par environ 18, avec des vacances, des loisirs, de la culture, de la protection sociale, des soins même si l’on est pauvres, etc, etc. Et quand la société est prospère, la culture se développe.

Le libéralisme est un progrès, pas une aliénation.


Bon, je m’arrête pour le moment, j’ai déjà fait un peu long et je n’ai pas tout traité... :-)

Bonne journée.

Écrire un commentaire

 Se rappeler de moi sur ce site

Capcha
Entrez le texte de l'image :