Le Matin et la morale

Dernièrement, une "affaire" de moeurs a fait jaser le milieu politique genevois. Il n'en fallait pas moins pour que Ludovic Rocchi, "journaliste" au Matin, se sente pousser des ailes et s'empresse d'en faire une montagne. C'est en effet un excellent moyen de vendre du papier, quand on n'a ni talent, ni déontologie.

Les lecteurs du Matin ont donc eu droit à une série d'articles sur cette "affaire", que je ne résumerai même pas, tant elle est insignifiante, si ce n'est aux yeux de Ludovic Rocchi, le preux chevalier de la morale (qui a dit fouille-merde ?). Si vous voulez en savoir plus, lisez les articles en entier et délectez-vous de sa prose digne du Café du commerce. Je me contenterai ici de relever les titres des articles:

- Emoi: Le député MCG offre sa copine sur le web (15.11.2012)

- Morale: Les contradictions du député libertin (16.11.2012)

- Affaire Sauty: Le député libertin passe aux aveux (19.11.2012)

Trois titres qui montrent comment monter en épingle un fait insignifiant concernant la vie privée d'un député. On commence avec "l'émoi" ressenti par le prude Ludovic Rocchi, titre mensonger et racoleur à l'appui. Le lendemain, il parle des "contradictions du député libertin". Hors, dans le corps de l'article, celui-ci ne fait que répondre aux attaques du Matin concernant sa vie privée. Mais que voulez-vous, il ment probablement, ce "député libertin" (surnom officiel dont le journal l'affublera à partir de ce moment-là) qui bafoue la morale presque aussi allègrement que Ludovic Rocchi bafoue les règles du journalisme. Trois jours plus tard, c'est carrément devenu "l'affaire Sauty" ! Pire, "le député libertin passe aux aveux". Bien sûr, dans le corps de l'article, le député n'avoue rien, et pour cause: il n'a rien fait d'illégal et assume totalement ses actes. Décidément, rien n'arrête Ludovic Rocchi.

En résumé, le député "offre sa copine sur le web" (ce qui est faux), il fait preuve de "contradictions" (ce qui est faux) et finalement, il "passe aux aveux" (ce qui est faux). Trois titres, trois perles de désinformation grossière (trois conneries, serais-je tenté de dire). Joli score...

Bref, une fois de plus, Ludovic Rocchi fait la démonstration de son manque flagrant d'un quelconque talent et de déontologie : mauvaise foi, arguments tendancieux, fallacieux ou sans rapport avec le sujet, etc... Le pauvre Ludovic Rocchi rêvait peut-être de devenir journaliste: malheureusement pour lui, son rêve a volé en éclat le jour où il a été engagé au Matin.

A l'avenir, quand vous lirez un article de Ludovic Rocchi, souvenez-vous de l'éloge prononcé lors de la remise de son Prix Dumur 2010 (déjà cité ici) et dont voici un extrait :

"Aux méthodes austères des écoles de journalisme d'investigation, vous opposez la vôtre, l'approche Rocchi, la recette des bonnes histoires : la tournée générale. La fréquentation des bistrots comme pierre angulaire du bon journalisme de terrain, vous l'avez testée rapidement dans votre carrière."

Ceci explique cela. Mais le plus comique, dans cette histoire, c'est que le Matin, si prompt à agiter sa ligne éditoriale à la moindre polémique à deux balles, ne se gêne pas, en parallèle, pour accueillir dans ses pages des annonceurs moralement irréprochables...



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On joue les vierges effarouchées, certes, mais quand même pas au point de refuser l'argent des annonceurs. Au Matin, la morale s'arrête là où commencent les profits.


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