Un incompétent à Paris

Jean-Philippe Schaller, le correspondant de la RTS à Paris, est un modèle de ce qu'il ne faut pas faire en journalisme. Il est tellement doué qu'il lui suffit de trois phrases pour le prouver une fois de plus.

Un journaliste doit savoir manier les mots et en faire bon usage pour délivrer une information objective et impartiale. C'est son métier. Apparemment, Jean-Philippe Schaller est journaliste. Que penser alors de l'introduction de son reportage [1] concernant les suites du rapport Gallois ? 

Après le rapport, les décisions. Le gouvernement a choisi le choc en douceur. 20 milliards seront effacés de l'ardoise du coût du travail, pour améliorer la compétitivité des entreprises. Pas sous forme de baisses de charges, réclamées par le patronat, mais de crédit d'impôts.

Jean-Philippe Schaller manie la sémantique comme un enfant de quatre ans manie un lance-flammes. Reprenons.

Un "choc en douceur", donc. Je rappelle, pour mémoire, que par définition, un choc est un phénomène violent et brutal. Il n'y a que notre journaliste pour voir de la douceur dans cette mesure et ses conséquences. En l'occurrence, 20 petits milliards de rien du tout qui seront bien vite "effacés de l'ardoise du coût du travail". C'est pratique quand même de pouvoir effacer d'un coup de chiffon cette saleté de "coût du travail", tellement élevé que le patronat se retrouve avec une ardoise à payer qui le prend à la gorge. Peu un importe à Jean-Philippe Schaller que le terme approprié soit "prix du travail" (voire "valeur du travail"), tout comme il ne se gêne pas pour utiliser le mot "charges" pour désigner les "cotisations sociales". Grâce à quelques mots bien choisis, la subsistance et le bien-être des travailleurs deviennent un poids financier étouffant pour les entreprises. Plus c'est gros, plus ça passe, comme on dit. Combien de journalistes utilisent ces expressions sans même se rendre compte de leur sens et de leur connotation ? Beaucoup trop, et Jean-Philippe Schaller en fait partie.

Mais attention, tout n'est pas à jeter dans cette introduction. En effet, le journaliste parle ici de "compétitivité des entreprises". Il aurait très bien pu parler de "compétitivité de la France". C'eût été la cerise sur l'étron. Est-il besoin de rappeler qu'un pays n'est pas une entreprise ayant vocation à faire du profit ? C'est une association à but non-lucratif dont le but est de veiller au bien-être du plus grand nombre. Subtile différence, vous en conviendrez. 

En conclusion, pour éviter que le correspondant à Paris ne sombre corps et biens dans les pratiques journalistiques typiques des grands médias français, je suggère à la RTS d'appliquer le même principe de précaution que pour les ingénieurs travaillant au coeur du réacteur de Fukushima : effectuer des rotations régulières des équipes sur place, pour éviter une exposition prolongée aux radiations nocives émanant des Pujadas, Demorand, Joffrin et consorts.

Malheureusement, je crains que pour Jean-Philippe Schaller, il ne soit déjà trop tard.


PS: Je ne résiste pas à l'envie de vous faire lire un tweet publié par Jean-Philippe Schaller (@JPhSchaller pour ceux qui ont envie de rire un peu), le 12 octobre 2012 : "ils sont fun ces norvegiens, ils donnent le nobel à l'UE mais ils ne veulent surtout pas adhérer. ils seraient pas un peu suisses aussi?" Belle aveu d'ignorance. Il n'a manifestement pas lu cet article ou quoi que ce soit d'autre sur la composition du comité Nobel. Hors, comme le disait le très regretté Pierre Desproges, mieux vaut fermer sa gueule et passer pour un con que l'ouvrir et ne laisser aucun doute à ce sujet.


[Notes]
[1] A visionner  ici. C'est moi qui souligne.


Écrire un commentaire

 Se rappeler de moi sur ce site

Capcha
Entrez le texte de l'image :