La liberté ou la malaria

Eradiquée en Grèce depuis 1974, la malaria fait cette année son grand retour. C'est le dernier exploit en date du néolibéralisme forcené appliqué par les lauréats 2012 du prix Nobel de la paix. Et sans doute pas le dernier.

Obama ou Romney ? PS ou UMP ? Dans nos démocraties chéries, le peuple en est bien souvent réduit à devoir choisir entre la peste et le choléra. Eh bien les Grecs se lancent, bien malgré eux, dans un créneau original : la malaria (ou paludisme). L'austérité imposée par les plans de "sauvetage" (façon "Arrête de gigoter, si je te maintiens la tête sous l'eau contre ton gré, c'est uniquement pour te sauver !") a réduit les programmes d'épandage anti-moustiques. Conséquence : on dénombre les premiers cas de paludisme indigène depuis 38 ans.

Mais ce n'est qu'un début (et pas seulement en Grèce). On taille dans les budgets de la santé à coup de machette. Les moyens et le personnel des hôpitaux fondent comme neige au soleil, comme les remboursements de médicaments. Les gens renoncent à se faire se faire soigner, à se faire vacciner, et a fortiori, à entreprendre des études de médecine.  Au rythme où vont les choses, on va bientôt voir refleurir tout un tas de maladies du moyen-âge, de la chiasse alsacienne à la peste bubonique. Et c'est sans compter sur la consommation d'alcool et de drogues qui risquent de battre des records, tout comme les suicides (le taux de suicide a triplé en Grèce depuis 2008) et la criminalité, d'autant qu'il est difficile de convaincre un policier de maintenir l'ordre quand il est lui-même du côté des manifestants, un cocktail molotov à la main. Evidemment, tout ça va coûter fort cher et la situation ne pourra qu'empirer. Bref, on est parti pour un tour de grand huit qui risque de secouer un peu.

Une fois de plus, la finance ultralibérale sème elle-même les graines de sa propre destruction. Car le peuple grec n'a sans doute pas oublié la devise de sa nation : "Elefthería í thánatos", la liberté ou la mort. Et quand le spectre de la mort se rapproche, on finit par exiger sa liberté, quoi qu'il en coûte.


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