Darius Rochebin change de registre

Nous avions vu, dans un article en deux parties, la façon complaisante dont Darius Rochebin avait interviewé Pascal Lamy, directeur de l'OMC et ultra-libéral de droite. Nous allons aujourd'hui prendre un point de comparaison et analyser comment s'est déroulé l'entretien avec Antonio Hodgers, président du groupe parlementaire des Verts, beaucoup moins ultra-libéral et beaucoup moins de droite...

Le 5 aout 2012, Darius Rochebin invite donc Antonio Hodgers dans son émission, "Pardonnez-moi" [1]. Cette interview nous offre un point de comparaison intéressant : en effet, Darius Rochebin invitera un autre homme politique, Pascal Lamy, deux mois plus tard, dans cette même émission [2]. Même si en apparence, le journaliste semble faire preuve du même accueil chaleureux à ses deux invités, l'orientation des questions est sensiblement différente, et dans le cas de Hodgers, elle fut souvent à charge : même émission, même catégorie d'invité, même ambiance détendue, mais orientation politique très différente. Le résultat est assez frappant.


Remarques préliminaires :

- Les règles de transcription sont les mêmes que pour l'entretien avec Pascal Lamy, si ce n'est que je n'ai pas retranscrit les questions concernant la vie et le parcours personnel d'Antonio Hodgers.

- Cette émission a été choisie comme sujet d'analyse par l'auteur (avant même son visionnage), car c'est un des derniers invités politiques orienté à gauche.

- Petite précision, à toutes fins utiles : je ne m'acharne évidemment pas sur Darius Rochebin et mes critiques ne sont pas des attaques ad hominem. Ce n'est jamais la personne de Darius Rochebin que je critique, et pour cause, je ne le connais pas. C'est la fonction médiatique qu'il occupe qui est, à mon sens, significative : celle du présentateur vedette du JT de la télévision publique.


Analyse de l'entretien


DR : Antonio Hodgers, vous avez 36 ans. On a longtemps dit "le jeune", "le plus jeune", "le jeune politicien", etc. Vous êtes plus si jeune...

AH : Oui.

DR : Président du groupe parlementaire des Verts. Vous êtes devenu un notable ?

AH : Non, je ne pense pas.

DR qui l'interrompt : Quand on parle au Grütli [3], ça y est, on est un notable.

Darius Rochebin aborde pour commencer les surnoms de son interlocuteur, un thème apparemment récurrent dans "Pardonnez-moi", avant de tenter de l'affubler de l'étiquette de « notable ». Il semble ici demander à son interlocuteur de confirmer son préjugé, car comme chacun sait, « Quand on parle au Grütli, ça y est, on est un notable ».


DR : Pour l'anecdote, vous le disiez tout à l'heure, vous avez une chose extraordinaire qui vous notabilise. Vous baissiez la tête, vous disiez « ça y est, j'ai une calvitie. » Je sais pas si la caméra peut montrer votre calvitie.

AH : Non, pas la caméra sur la calvitie.

DR : Quand on a une calvitie, ça y est, hein, on est un politicien arrivé.

Comme avec Pascal Lamy, Darius Rochebin adore « l'anecdote ». Souvenez-vous du côté « ascète » et des horaire de jogging du directeur de l'OMC.
Comme avec Pascal Lamy, il parle de choses « extraordinaires ». Souvenez-vous de la « scène extraordinaire » de DSK mangeant des petits pois avec Lamy.
Comme avec Pascal Lamy, il aborde un sujet ô combien essentiel dans la politique moderne : la calvitie. Apparemment, pour Darius Rochebin, la calvitie est un signe de réussite, du moins politique. C'est une approche intéressante de l'interview politique, même si elle semble relever de l'obsession pour Rochebin (je n'ai malheureusement pas les compétences psychanalytiques nécessaires pour avancer une théorie à ce sujet).

 

DR : Quand on entre dans le cercle des politiciens, disons, vraiment au centre du jeu, alors on donne plus de coups, on reçoit plus de coup. Quand on regarde les… On en parlait tout à l'heure, les forums sur vous, sur Internet, ça dégage, hein. Vous êtes très aimé par les uns, vous êtes détesté aussi, hein. Ceux qui disent : "Vous êtes vraiment l’apôtre des bien-pensants, bobo, gentillet..." Vous lisez ce genre de... commentaires ?

AH : Non, pas trop. C'est vrai que je perds pas trop de temps avec ce type de commentaires sur Internet, essentiellement parce qu'ils sont anonymes et l'anonymat en politique – en démocratie, pas dans d'autres régimes, mais en démocratie – est une forme de lâcheté qui fait que je me désintéresse largement de ce qui peut être dit.

Contrairement à l'entretien avec Pascal Lamy, où Rochebin n'avait fait qu'effleurer une critique pour mieux la réfuter (« C'est trop ? »), le journaliste choisit ici de se lâcher sur les critiques, mais avec le même procédé, qui consiste à imputer ces critiques à des tiers (mais qu'il cite copieusement ici), qui plus est à des auteurs de commentaires sur Internet (sources pertinentes s'il en est).

La réponse de Hodgers est citée ici pour me permettre un petit aparté : la question de l'anonymat. Il dit en substance que l'anonymat, c'est mauvais dans une démocratie. Je me permets de nuancer en rappelant qu'une des conditions sine qua non de la démocratie est l'anonymat de l'électeur. On vérifie certes le droit de vote de ce dernier, mais son vote n'est pas identifiable. C'est ce qui fait la supériorité démocratique du bulletin secret sur le vote à main levée. L'anonymat n'est donc pas toujours une forme de lâcheté. Je citerai encore un exemple : le blog de Maître Eolas, un avocat du barreau parisien qui a choisi de conserver l'anonymat, dans un souci d'indépendance. Il s'en explique d'ailleurs très bien à l'occasion de deux billets extrêmement intéressant à ce sujet [4].


(Antonio Hodgers compare les migrants du printemps arabe aux jeunes migrants suisses du XIXe siècle en Amérique du sud.)

DR : Est-ce que c'est pas un peu de la provoc un peu bien-pensante ? Les migrants d'Afrique du nord, beaucoup commettent des criminalités, il y a des vrais problèmes, hein. Vous les niez ?

A-t-on entendu Rochebin demander à Pascal Lamy si ce qu'il dit n'est pas de la provoc un peu ultra-libérale ? Pas que je me souvienne. De la même manière, on pourrait demander à Rochebin si ce qu'il vient de dire n'est pas "un peu de la provoc un peu xénophobe". En tout cas, son argument relaie abondamment les idées de l'UDC. A bien relire cette dernière intervention, on imagine sans mal les mêmes mots dans la bouche d'un Oskar Freysinger débattant de l'immigration dans Infrarouge face à un crypto-gauchiste. Pas vraiment un exemple de complaisance.


AH : [...] C'est des jeunes qui n'ont pas de perspectives,  qui ne trouvent pas de boulot, qui ne trouvent pas de débouchés chez eux et qui partent ailleurs. La différence, elle vient de quoi ? Elle vient du fait que les jeunes Suisses du XIXe siècle ont trouvé des espaces d'accueil, en Amérique latine et en Amérique du nord. Ils ont pu s'installer, ils ont pu prendre un métier, on les a pas empêché de faire ça.

DR : Ils étaient chrétiens en terre chrétienne, ils venaient de pays démocratiques. Ça changeait aussi la donne, hein, objectivement.

Face à un argumentaire logique et rationnel, mais sans doute un peu trop « bien-pensant » pour lui, Rochebin n'hésite pas à amener cette fois le débat sur le terrain religieux, puisque « ça changeait aussi la donne, hein, objectivement. » Oskar, sors de ce corps !


(Hodgers donne le contre-exemple des migrants libanais.)

DR : [...] La polémique sur les Roms, où là aussi, où beaucoup disent : "Décidément, une grande partie des Roms est pas du tout intégrable." [exemple d'un fait divers concernant un mariage Rom en Valais] Est-ce que là, la Suisse est trop laxiste ?

Il y a « beaucoup » de cons, même en Suisse.


(Hodgers dit que sur ce cas précis, la police locale a été laxiste.)

DR : Beaucoup disent... Les politiciens disent ça, sur des tons différents, mais au fond, rien ne change, hein. Dans votre canton, à Genève, il y a les Roms qui dorment sur la plaine de Plainpalais ou aux alentours. Ça vous choque ?

Encore une critique, cette fois-ci sur la supposée inefficacité des politiciens, et donc de son invité. Décidément, on est loin des acquiescements auquel à eu droit Pascal Lamy, 30 minutes durant.


(Hodgers parle des Roms de Genève.)

DR qui interrompt Hodgers : Est-ce que c'est à la Suisse d'accueillir ces gens ?

(Hodgers revient sur le cas des Roms en Valais.)

DR : Mais là aussi, est-ce que c'est à la Suisse de les accueillir ? Il y a des pays, au Luxembourg, au Lichtenstein, à Monaco, vous verrez pas ce genre de populations, parce que simplement ils les refusent absolument. Pourquoi la suisse …

AH : La Suisse peut pas accueillir toute la misère du monde, mais une partie quand même. On est un des pays les plus riches de la planète […]

Mais bien sûr ! Le Luxembourg, le Lichtenstein et Monaco sont des exemples tout à fait pertinents qui dénotent de la part du journaliste une fine compréhension de la géopolitique mondiale. Sur le même mode, on aurait pu avoir : "La Chine et les Etats-Unis acceptent de pratiquer la peine de mort, pourquoi pas la Suisse ? » ou encore "Les Etats-Unis et Israël acceptent d'occuper militairement des nations souveraines, pourquoi pas la Suisse ?". Vous pouvez essayer, chez vous. Les possibilités sont infinies.

La réponse d'Hodgers est tellement simple et évidente qu'un enfant en comprendrait la logique. Mais apparemment, il est encore nécessaire, en 2012, de le rappeler à d'éminents journalistes.


DR : Antonio Hodgers, vous présidez le groupe des Verts au parlement, depuis combien de temps maintenant ?

AH : Depuis deux ans.

DR : Les dernières élections se sont plutôt mal passées pour vous, hein. Le parti est en recul, c'est les Verts libéraux qui vous ont doublés.

AH : Non. Ils sont toujours derrière nous.

DR : De fait... Ah oui, mais enfin...

AH : Pour doubler, on passe devant.

DR : Dans le sens... Doubler... Enfin, ils ont progressé plus vite que vous.

AH : Voilà.

DR : Alors que vous reculiez.

AH : Légèrement.

DR : Ouais, cinq sièges, au Conseil national ?

AH : Oui.

DR : C'est pas mal, cinq sièges.

AH : C'est vrai, mais c'est moins que le recul du PLR et de l'UDC, par exemple.

 DR : Où est-ce que vous en êtes dans cette... dans un rapprochement possible entre Verts et Verts libéraux ?

Darius Rochebin avait une question en tête et à dû lutter pour faire passer en force une introduction mensongère (« les Verts libéraux qui vous ont doublés »). Cette question du rapprochement avec un autre parti est un exemple typique de la dépolitisation de la politique par les médias. C'est le syndrome de la "course de petits chevaux", où les journalistes ne s'intéressent même plus au programme de leurs interlocuteurs politiques, mais uniquement à la "course dans les sondages" et aux stratégies de comptabilité électorale qui se trament entre partis. C'est le même phénomène qui explique que lors des présidentielles françaises, les "petits candidats" sont inlassablement interrogés sur leur consigne de vote au second tour, sur les difficultés de la récolte de leurs 500 signatures ou sur les propositions des "grands candidats".


(Hodgers, fils de réfugié argentin, parle de son arrivée en Suisse.)

DR : La Suisse prospère... heureuse, hein, plutôt, en tout cas, en moyenne. Ça vous a tout de suite frappé ?

AH : Non, vous savez, en suisse, on a un des taux de suicide les plus élevés du monde, donc la prospérité ne fais pas toujours...

DR qui l'interrompt : Mais quand vous êtes arrivé , c'est pas le premier contact de... ?

Darisu Rochebin ne perd pas une occasion de glorifier la Suisse. Ça fonctionne  parfaitement face un Pascal Lamy qui partage ce genre de préjugés (comme probablement bon nombre de téléspectateurs). C'est plus difficile face à quelqu'un qui sait de quoi il parle et qui argumente. Du coup, on le coupe et on insiste pour faire passer la question en force.


DR : […] Est-ce que vous avez changé, Antonio Hodgers ? On vous a souvent reproché d'être un peu... .un peu mou, un peu trop arrangeant, peut-être...

AH : C'est vrai ?

DR : ... un politicien un petit peu politicard. Est-ce que vous avez changé ? Vous vous êtes durci ?

Faut-il, pour briller aux yeux de Darius Rochebin, avoir une image de gros dur, de coriace, voire de fumier ? A ce petit jeu-là, c'était perdu d'avance pour Hodgers, qui fait pâle figure face à Lamy, dans ce registre.


(Hodgers parle de son expérience au parlement, à Berne, et du contact avec la culture alémanique.)

DR : L'allemand, que vous avez appris, hein ? Vous êtes un des rares à avoir fait cet effort, de manière alors très... publique, hein. Vous avez un sens... un certain sens de la publicité, on peut pas vous enlever ça.

AH : Oh, si c'est vous qui me dites ça, Darius Rochebin...

DR : Merci […]

Intéressant comme manœuvre : relever un point positif dont beaucoup devrait s'inspirer et lui apporter aussitôt une connotation négative sous prétexte de la « publicité » de la chose. Publicité à laquelle Rochebin n'a bien évidement jamais contribué.


DR : Merci Antonio Hodgers.

AH : Merci à vous.

Je rappelle que Pascal Lamy n'avait pas remercié Darius Rochebin à l'issue de l'entretien. C'est le monde à l'envers.


Conclusion

Quelques observations d'ordre générales peuvent être faites en comparant les deux entretiens :

- Rochebin n'aborde pas le sujet de "prédilection" de Hodgers, l'écologie. Par contre, il aborde l'immigration, les Roms ou les alliances politiques. Face à Lamy, directeur de l'OMC, il avait été énormément questions d'économie.

- Même si c'est avec le sourire et sans agressivité, il formule de nombreuses critiques à l'encontre des positions de Hodgers, contrairement à l'entretien avec Lamy, où Darius Rochebin abondait systématiquement dans le sens du directeur de l'OMC. Par ailleurs, il interrompt souvent Hodgers, alors que ce fut très rare avec Lamy.

- Involontairement, Rochebin fait le jeu de l'UDC et de l'extrême-droite en général, relayant leur arguments souvent très légers (quand ils ne sont pas carrément faux) et leur donnant ainsi de la légitimité.


Tout journaliste a ses biais, ses opinions et ses convictions. C'est bien naturel. Le travail du journaliste consiste précisément à s'affranchir de ses préjugés et de fournir une information quantitativement et qualitativement impartiale à la population. D'ailleurs, il est plus que probable que le contrat de Darius Rochebin lui interdit de participer activement à la vie politique, par exemple en soutenant, même à titre personnel, tel ou tel personnalité ou parti politique. Ce ne sont pas les opinions personnelles de Darius Rochebin que je critique (même si je ne les partage pas forcément), c'est le fait qu'elles transparaissent à l'écran et passent ainsi pour un positionnement neutre, objectif et impartial. On pourra me rétorquer que Rochebin ne fait qu'opposer des arguments qu'il ne partage pas forcément, se pliant à l'exercice de l'interview en se faisant l'avocat du diable. Hors, ça n'a pas été le cas à un seul instant lors de l'entretien avec Pascal Lamy. On est en droit de se demander pourquoi.



[Notes]
[1] Entretien visible ici
[2] Article à lire ici
[3] Lieu où se déroule chaque année un discours (prononcé cette année par Antonio Hodgers) lors de la fête nationale suisse, le 1er août.
[4] Billets à lire ici : "Pourquoi mon anonymat" et "Anonymat et expertise"

6 commentaires

dimanche 21 octobre 2012 @ 18:01 Se mesurer aux autres... a dit : #1

Darius Rochebin nous livre une nouvelle interview orientée, ça ne nous change pas de d'habitude. Il parle beaucoup de "compétition" et de compétitivité, ce qui est un peu pathétique à force. La compétitivité n'est pas la solution. ------------ Edit de l'admin: restons courtois, voulez-vous ?

mardi 30 octobre 2012 @ 23:36 Darius Rochebin a dit : #2

Chère Masse Critique,
Votre analyse est détaillée, et j'apprécie vos pointes ironiques. Je n'ai pas la prétention de répondre ligne à ligne. Le feu roulant des questions comporte sa part d'improvisation. C'est un exercice réalisé dans les conditions du direct, avec son lot d'imperfections. Sur l'essentiel, je veux dire sur la question de l'objectivité, j'aimerais simplement vous dire que vous vous méprenez à mon égard. L'objectivité n'est pas un vague slogan; à mon sens, c'est tout le sel du métier. Quand j'interroge P. Lamy ou A. Hodgers, je ne cherche pas à être "à charge" ou "à décharge". Mon seul souci est l'expression de la vérité dans toutes ses nuances. Je me souviens de mes premiers reportages dans les pays de l'Est, avant la chute du Mur et des visites d'usines par exemple. Ces ouvriers du "socialisme réel" étaient tout à la fois malheureux (dans un système qui du point de vue de la consommation leur offrait bien peu et qui limitait les libertés) et heureux (dans une sorte de sécurité rassurante et ordonnée qu'ils ont perdue ensuite). Je me rappelle mes premiers reportages en Israël et dans les territoires palestiniens: la passion d'entrer dans les raisonnements et les sentiments, tout à la fois, des islamistes du Hamas et des colons juifs, parfois dans une même journée de travail. Je trouvais chez les uns et chez les autres une force de conviction, une sincérité que je n'observais pas forcément chez les "modérés" de chaque bord. C'est dans cet état d'esprit que le journalisme est passionnant - bien plus que de vouloir classer le monde en "gentils" et en "méchants". Jules César était - tout à la fois - un génial imperator, porteur d'une civilisation brillante, et un "criminel de guerre" capable de massacrer les 40 000 habitants de l'actuelle Bourges. En interviewant Sharon ou Arafat, en couvrant le conflit Albalais versus Serbes du Kosovo, en interrogeant ultralibéraux et altermondialistes, j'ai toujours conçu le journalisme dans cette démarche objective. Si vous observez notre travail dans la durée, je crois que cela se voit. J'espère que nous aurons l'occasion d'en reparler plus longuement. Amitiés Darius

jeudi 01 novembre 2012 @ 22:25 nashtags a dit : #3

Darius Rochebin n'est pas très objectif. Il a beau le dire, le répéter et l'écrire on ne le croit pas un seul moment. Je crois que le pire fut son « Pardonnez-moi » avec Kouchner. Un an quasiment jour pour jour après « La Suisse, preneuse d'otage de l'Europe », PAS UN SEUL MOT là-dessus. Courbettes et tout le tsoin-tsoin médiatique, parler de son carnet d'adresse mais rien, RIEN sur des questions de fond, mettant son invité dans une réelle position d'explication d'une réelle question commençant par « pardonnez-moi ». On attend donc un journalisme éclairé, pondéré, mais qui pose les vraies et les bonnes questions. Le journalisme qui brosse dans le sens du poil, on n'en attend plus rien. Monsieur Rochebin serait bien inspiré de commencer, enfin, à poser les questions qui dérangent. Pour le reste, on a « Tellement Vrai » et « Hollywood Girls 2 » sur NRJ12...

dimanche 09 décembre 2012 @ 00:37 Alain a dit : #4

Bonjour,

J'ai plusieurs remarques à faire quant à votre intéressante critique...

En commençant par Pascal Lamy que vous traitez, à tort, d'"ultra-libéral de droite" (sic!)... Pour votre gouverne, M. Lamy a toujours sa carte au... parti socialiste français... eh oui! Au même titre qu'un certain DSK... Tous deux se considèrent d'ailleurs comme des socio-démocrates, à l'instar d'un Gerhard Schröder ou d'un Tony Blair... Personnellement, je rangerais Pascal Lamy du côté des bobos ultimes ou des centristes... Mais certainement pas de l'extrême-droite... On peut caricaturer mais il ne faut quand même pas exagérer!

Bien que plutôt opposé à l'OMC, j'ai eu la curiosité de visiter cette organisation il y a quelque temps lors de journées portes ouvertes. Et quelle ne fut pas ma surprise de découvrir le plus que modeste bureau de Pascal Lamy qu'il partage avec sa secrétaire au fond d'un couloir mais aussi d'apprendre que, contrairement à l'ONU, pourtant tellement plus respectée que l'OMC, chaque pays membre de l'OMC y dispose d'une voix lors des votes. Ce qui en fait, contrairement à l'image qu'elle peut véhiculer, l'organisation la plus démocratique du monde...

Maintenant, je suis assez d'accord avec vous quant à la manière dont Darius Rochebin a traité Pascal Lamy. Admettons que notre "journaliste vedette" lui a presque léché le popotin... pour rester poli... Mais cela vous étonne? Que nenni! Il est bien connu que M. Rochebin, à l'instar de la quasi totalité de ses confrères français, se couche devant les puissants. Il n'y avait qu'à voir les courbettes qu'il avait réservées au Conseille d'Etat Pierre-François Unger lors d'une interview (pour le moins) expéditive d'une minute trente dans le 19:30 au sujet de l'affaire Mark Muller au MAD... Darius n'avait même pas été capable de faire avouer à Unger que Muller avait menti... Je le lui avais d'ailleurs reproché sur sa page Facebook aux "8000 amis" mais il avait fait preuve de tellement de suffisance et d'absence totale d'autocritique face à mes critiques afin de mieux se dédouaner...

Cela ne m'étonne donc pas que M. Rochebin ait été épinglé de la Légion d'honneur en 2011 sous... Nicolas Sarkozy! Car pendant le court règne de ce dernier, les journalistes courtisans, forts avec les faibles et faibles avec les puissants, étaient constamment récompensés pour leur absence totale de zèle journalistique... Darius Rochebin avait donc toute légitimité d'être récompensé pour l'ensemble de son oeuvre...

Je peux me tromper mais, contrairement à vous, je classerais M. Rochebin dans la catégorie "bobo" et donc gauche caviar ou socio-démocrate... comme un certain Pascal Lamy tiens! Il est impossible de savoir pour quel parti il vote puisque aucune information ne se trouve sur le net... Je me souviens d'ailleurs que Darius Rochebin avait une fois déclaré à la question "Pour qui votez-vous?" : "Devant préserver mon impartialité je ne vote pas. Mais s'il y a un sujet pour lequel je le ferais c'est la traversée de la rade!". On peut donc déduire que M. Rochebin est favorable à la traversée de la rade sinon il ne voudrait pas voter, non?! Mais c'est bien maigre pour en faire un "mec politiquement de droite"... Non, les bobos rêvent eux aussi de la traversée de la rade... Il y a bien des écolos qui roulent en 4x4 en Valais comme notre "regretté Vert"... Patrice Mugny!...

Cela dit, je ne porte absolument pas Antonio Hodgers dans mon coeur, moi qui ai échangé avec lui quelques courriels bien sanglants... Notamment au sujet de son parti de bobos verts qui adore voter avec la droite lorsqu'il s'agit de propriété privée... Mais aussi concernant le fait que l'ancien conseiller d'Etat Robert Cramer préférait, pour se rendre à son poste de Conseiller des Etats à Berne, utiliser la pas très écolo mais magnifique limousine noire gracieusement payée par le contribuable plutôt que son abonnement de train 1ère classe... lui aussi généreusement payé par le contribuable!!! Il est clair qu'Antonio Hodgers n'avait pas vraiment apprécié que je me moque de ces controverses toutes écologistes... Je ne vais donc pas pleurer si le "malheureux" Antonio, lui aussi incapable de quelque autocritique que ce soit, se fait malmener par le journaleux Darius Rochebin...

La discussion reste ouverte...

Cordialement,

dimanche 09 décembre 2012 @ 16:40 Adriano Brigante a dit : #5

@Alain : Merci pour votre commentaire. Personnellement, la "gauche caviar bobo centriste", je la classe à droite pour sa politique économique libérale, en raison du glissement vers la droite de tout l'échiquier politique depuis le début des années 80. Peu importe, pour moi, que Lamy ait sa carte au PS ou au PC : dans les faits, sa politique est une politique libérale de droite (libre échange, privatisations, etc...) comme celle de Delors ou de DSK, ou comme celle des démocrates aux USA.

jeudi 06 février 2014 @ 18:29 Anonyme a dit : #6

A propos de votre remarque "Darisu Rochebin ne perd pas une occasion de glorifier la Suisse."
Je crois que vous vous méprenez totalement sur ses agissements. Darius pousse un très grand nombre d’invités à complimenter la Suisse, toutes émissions confondues, afin de flatter le téléspectateur helvétique. Ce léchage de cul généralisé fonctionne malheureusement à merveille, le spectateur bien flatté va par la suite gober n’importe quelle connerie. Je trouve d’ailleurs étonnant que vous fassiez une critique aussi longue de l’interview sans remarquer cet élément qui « saute au yeux ».
Darius est le prototype même du serviteur du pouvoir ultra-libéral en place, communautariste, habillé de gauche ou de droite, c’est bien égal.

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