Pardonnez-lui son impertinence toute relative (2/2)

Suite et fin de l'entretien accordé par Pascal Lamy, directeur général de l'OMC, à Darius Rochebin dans "Pardonnez-moi". Les choses avaient mal commencé, mais malheureusement, le pire restait à venir.

La première partie de l'entretien (examinée ici) avait efficacement préparé le terrain. La deuxième partie allait donc pouvoir venir conclure l'émission en apothéose, sur un florilège de propagande néolibérale si vigoureusement contestée par le journaliste qu'on se serait cru sur Bloomberg TV.



Les origines du mal

DR : Vos origines... Ancrage, alors, vous êtes vraiment le prototype de l'international, mais ancrage en Normandie, je crois, hein ?

PL : [...]

DR : Parents, grands-parents agriculteurs, artisans, pharmaciens... Ça joue encore, ça ?

PL : [...]

DR : Vos arrière-grand-parents agriculteurs, s'ils vous voyaient là, ils seraient... ravis, non ?

Chacun appréciera la condescendance qui émane de ces propos envers les agriculteurs. Ça dénote une certaine vision de la réussite sociale : on a beaucoup mieux réussi sa vie quand on est patron de l'OMC que quand on est agriculteur. Beaucoup partagent ce point de vue. C'est peut-être vrai financièrement, mais humainement, c'est beaucoup plus discutable.

De plus, Rochebin ne pense qu'en terme de notoriété et de pouvoir, sans jamais prendre en compte l'aspect idéologique de ce pouvoir. On peut raisonnablement penser que les arrière-grands-parents de Pascal Lamy seraient peut-être (probablement ?) écœurés par sa conception de la politique agricole. "Que penseraient vos arrière-grands-parents s'il vous voyaient ?" aurait été une question plus neutre, plus ouverte, et a fortiori beaucoup plus intéressante, car explorant les éventuels dilemmes moraux du personnage. Mais Darius Rochebin ne le voit pas sous cet angle-là, car il a déjà une réponse en tête ("Oui, ils seraient ravis.") et semble comme aveuglé par l'aura de "réussite" de son interlocuteur, qui lui, perçoit tout de suite le caractère légèrement déplacé de la question et répond par ce splendide euphémisme :

PL : Je suis pas sûr qu'ils auraient exactement les mêmes positions que moi sur les questions agricoles...

DR : Ouais.

PL : [...]

DR : Ensuite, brillant sujet, HEC, sciences po, ENA. Je crois que vous êtes deuxième de promotion.

PL : Exact.

DR : Et ça, ça ne s'invente pas, derrière Alain Minc.

PL : Exact.

DR : Et qui...

PL : Qui est resté un très bon ami.

DR : Qui est...

PL : Malgré cette...

DR : Cette rivalité.

PL : … cette compétition de l'époque, oui.

En effet, « ça ne s'invente pas ». Le patron de l'OMC a fait moins bien qu'Alain Minc [1] ? Quand on connaît le niveau intellectuel de ce dernier, que penser de la gouvernance du commerce mondial depuis sept ans ? Cette seule pensée me fait froid dans le dos.

DR : Et devant Martine Aubry, qui était la fille de Jacques Delors, qui a tellement compté pour vous.

Au moment où j'écris ces lignes, il me semble qu'elle l'est encore, mais peut-être ai-je loupé un épisode.

Darius Rochebin touche ici du doigt (sans s'en rendre compte) l'un des problèmes centraux de nos démocraties. Un essayiste et expert médiatique (Minc), le directeur de l'OMC (Lamy) et une ancienne première secrétaire du PS (Aubry) : trois personnes censées jouer un rôle bien distinct dans la société. Et pourtant, ces trois personnes sont sorties de la même école et de la même promotion. Comment envisager un réel pluralisme médiatique et politique quand les éléments censés s'équilibrer sortent tous du même moule (et avec les honneurs) ?

PL : Absolument.

DR : Vous étiez un premier de classe ?

PL : [...]

DR : L'homme de votre vie, c'est Jacques Delors, en tout cas, de votre carrière, hein ? C'est lui qui a fait une grande partie de votre carrière. Alors vous avez une image, disons, de socialiste de droite. C'est comme ça qu'on peut vous cataloguer ? Libéral...

PL : Ça dépend d'où vous regardez.

PL : Ouais.

DR : Mais qu'est-ce qu'il y a encore de gauche, chez vous, au fond ? Parce que quand on dirige l'OMC, quand on a le parcours que vous avez, il faut chercher vraiment... C'est où ?

Deuxième chance pour Darius Rochebin de détailler le parcours de son interlocuteur... mais non. Dommage, d'autant que dans le cas présent, ça aurait donné du poids à sa question.

On notera l'utilisation de l'étiquette « socialiste de droite », totalement vide sens, mais qui a l'avantage d'être concise et de s'intégrer facilement dans le cadre de pensée dominant. Tout le monde sait ce qu'est un socialiste, tout le monde sait ce que c'est qu'être de droite, on peut donc raisonnablement se faire une idée de ce que signifie « socialiste de droite ». Hors, ces termes n'ont individuellement pas grand sens, car extrêmement vagues, et les assembler dans ce qui semble être un bel oxymore ne mène à rien. Cela dit, force est de constater que ça ferait un excellent slogan pour accompagner le « logo Pascal Lamy ».


Symptômes neurologiques ?

PL : Vous savez, beaucoup de socialistes ou de sociaux-démocrates, sur cette planète, sont en faveur de l'ouverture des échanges. (Rochebin acquiesce) Rappelez-vous, Cobden, au XIXe, en Angleterre, hein ? Qui est-ce qui était l'avocat de la réduction des droits de douanes sur le blé américain ? C'était les avocats des pauvres, hein.

Lamy commet ici un magnifique sophisme. Que Cobden ait utilisé (sincèrement ou non, peu importe) l'argument de l'amélioration de la qualité de vie des plus démunis pour justifier des mesures libérales de déréglementation ne signifie pas que les dites mesures aient réellement pour effet d'améliorer ladite qualité de vie. Lamy invoque un argument obscur (pour les profanes) et bancal (pour les autres), mais malgré cela, le journaliste ne soulève aucune objection.

PL (suite): Donc, cette idée, d'abord que l'OMC, c'est la libéralisation à tout-va et qu'elle est au service des multinationales, je pense qu'on a maintenant prouvé... que c'est un peu plus compliqué que ça.

Je serais curieux de voir les preuves dont parle ici Pascal Lamy. D'autant qu'il a déclaré par le passé : « Nous avons besoin du soutien du monde des affaires au système de l'OMC pour davantage de libéralisation. » [2]

Il a également déclaré : « L'OMC doit élargir ses attributions pour englober des questions de société telles que l'environnement, la culture, la santé, la nourriture, qui, à l'instar de la concurrence et de l'investissement, ne peuvent plus être tenues à l'écart du commerce. » [2]

C'est peut-être « un peu plus compliqué que ça ». N'empêche que vu de loin, ça ressemble beaucoup à de la « libéralisation à tout-va », « au service des multinationales ».

PL (suite) : Ensuite, je pense, et je crois que ceci est en conformité avec mes propres principes, qu'ouvrir les échanges, c'est provoquer de l'efficience, c'est provoquer de la croissance et c'est permettre, pas à coup sûr, de réduire la pauvreté et les injustices sociales. Hors, à la fin du fin (sic), je veux dire, si on est à gauche, social-démocrate ou socialiste, ça me paraît quand même être l'objectif fondamental.

Voilà donc finalement l'argument selon lequel le libre-échange et le néolibéralisme ont en définitive un effet positif sur les injustices sociales, grâce à l'efficience (supposée) des marchés et à la croissance, et devraient donc être embrassés par la gauche si elle veut avoir une chance de remplir ses objectifs (mais « pas à coup sûr »). Cet argument tient plus de la foi aveugle en un système dogmatique que d'une analyse objective et pragmatique dudit système. Nombre d'économistes affirment exactement le contraire  [3] et la situation économique actuelle semble venir confirmer leurs théories, jour après jour.

D'ailleurs, en 2010, Pascal Lamy lui-même, sans doute dans ce que les alcooliques appellent un "instant de lucidité", a déclaré : « Depuis quelques années, je m'interroge sur les racines culturelles et anthropologiques du capitalisme de marché qui est intrinsèquement injuste et stresse toujours plus les ressources humaines et naturelles. »  [4]

Mais, par complaisance ou par ignorance, Darius Rochebin ne soulèvera pas d'objection ni ne fera remarquer ces contradictions étonnantes dans le discours de son interlocuteur.

DR : C'est ce que vous avez défendu toute votre vie.

Comment affirmer que Pascal Lamy a défendu des idées de gauche « toute [sa] vie » quand on connaît son parcours ? Darius Rochebin élude-t-il volontairement certains faits ou ignore-t-il réellement les détails de sa carrière ? J'ai du mal à y croire, car il suffit de se rendre sur la page Wikipedia de Pascal Lamy [5] pour en avoir un bon aperçu. D'ailleurs, Darius Rochebin n'a-t-il pas dit que Pascal Lamy était un « socialiste de droite » ? Il est donc un socialiste, de droite, mais qui défend des idées de gauche... Tout ça devient très compliqué.


L'attaque des zozos

Attention les yeux, la suite vaut pesant de cacahuètes :

DR (suite): Alors, au cœur du pouvoir socialiste, vous étiez dans le camp des réalistes qui ont ramené à une certaine rigueur. Il y avait beaucoup de zozos, dans ce gouvernement, à l'époque.

PL :  (Lamy rit) Il y avait des débats, disons, oui.

DR : Ouais ? Comment vous les regardiez ?

PL : [...]

Darius Rochebin parle ici (on ne peut que le supposer, faute d'information claire) de la politique de rigueur économique engagée par le deuxième gouvernement Mauroy dès 1982, sous l'impulsion de Jacques Delors, « l'homme de [sa] vie ». Politique inéluctable et naturelle, puisqu'elle a été portée par des « réalistes », face aux « zozos » du gouvernement de l'époque. On peut raisonnablement supposer que Darius Rochebin pense en l’occurrence aux membres du Parti Communiste Français qui siégeaient au gouvernement. Un « zozo » est quelqu'un de naïf ou de niais  [6]. Naïf de penser pouvoir s'opposer à la marche en avant forcée du néolibéralisme en Europe  [7] ? Niais de vouloir empêcher le travail de sape systématique de l'Etat social au profit des marchés dérégulés ? C'est ce que semble penser Darius Rochebin, qui enchaîne sur « Comment vous les regardiez ? ».  Avec le même mépris dont vient de faire preuve le journaliste à l'instant ?

DR : Il y a une scène extraordinaire que vous racontez. Vous mangiez des petits pois, je crois, hein, avec Dominique Strauss-Kahn ? Là, vous êtes jeune militant, pauvre... enfin, pauvre... un début de carrière.

PL : [...]

En effet, c'est ce qui s'appelle une « scène extraordinaire ». Le téléspectateur est sans doute impatient d'en apprendre plus sur les petits pois de Dominique Strauss-Kahn, sujet ô combien essentiel.

DR : Il faut vous imaginer comment, jeune militant ? Là, vous avez une telle image d'homme de fer, votre regard bleu acier, et tout ça. Vous avez pleuré, par exemple, le 10 mai 81 ?

PL : [...]

Question ma foi fort importante, en tout cas pour notre Darius Rochebin psychologue. Par contre, celui-ci ne se demande pas si certains Français de gauche avaient fini par ravaler leurs larmes de joie en voyant à quoi avait mené la victoire socialiste de 1981, galvaudée et jetée en pâture aux marchés par Lamy, Delors et consorts. Jacques Delors, justement...

DR : Jacques Delors, la Commission Européenne, ça, c'est une grande partie de votre vie. La conviction européenne, pour vous, c'est vraiment, alors... souvent, c'est presque une religion, hein, et pour les gens qui ont occupé ce type de... C'est le cas ?

PL : [...]

DR : Vous avez mentionné la Suisse. Si vous étiez suisse, est-ce que vous seriez pour l'adhésion ?

PL : Je crois que je le serais, simplement il faudrait que…

DR : Vous avez l'air hésitant, quand même. Ça n'a pas l'air si évident. (grand sourire)

PL : Je... Parce que ça ne l'est pas. […]

DR : Chrétien, ça a joué, en tout cas, disons, il y avait beaucoup de cercles de chrétiens européens, y compris Jacques Delors. Est-ce que chez vous, c'est une dimension importante aussi ?

PL : [...]

DR : Vous êtes un pur produit , disons, de la... des élites françaises, hein. Il y a  dans votre CV quelque chose de presque... parfait, de ce point de vue là. Tellement étatistes, les élites françaises, quand on les regarde. Aujourd'hui encore, le Spiegel, par exemple, tire à boulets rouges sur votre pays d'origine, la France, sur cette obsession étatiste. Ça peut changer, ça, ou c'est le vice des Français ?

Si le Spiegel est capable de simplifications outrancières, pourquoi la RTS se priverait-elle ? Darius lui emboîte donc le pas pour afficher, lui aussi, son mépris face aux « élites françaises tellement étatistes ». Pour le Dr Rochebin, le diagnostic est clair : c'est une « obsession » des Français. On notera que ce vocabulaire récurrent issu de la psychologie s'inscrit dans le vocabulaire médiatique utilisé pour parler des "marchés" : leurs doutes, leurs angoisses, leur fébrilité, ou au contraire leur soulagement, leur apaisement et leur confiance, bref, leur psychologie quasi-humaine [8]. Une fine analyse de la situation, donc, ponctuée par une question faussement interrogative : en effet, se demander si « ça peut changer » ou si c'est « le vice des Français », c'est évidemment déjà y répondre.


Simplement, ça ne colle pas

PL : Je crois que c'est une spécificité française et que, disons, la France est un pays où le culte de l'Etat qui incarne l'intérêt général et qui donc, au nom de l'intérêt général, justifie un certain surplomb du politique sur le reste, et notamment sur l'économie, je crois que c'est une spécificité française. C'est une longue histoire, c'est toute l'histoire de France, c'est la Révolution française, mais ça date de bien avant. Il y a, dans cette attitude, quelque chose de... d'ambitieux, que je respecte et qui a sa valeur. Simplement, ça ne colle pas avec le monde dans lequel nous sommes aujourd'hui. Dans le monde dans lequel nous sommes aujourd'hui, on peut produire du bien-être social, mais il faut d'abord produire de la croissance économique. Et on me dira : « Ça y est, il est devenu Allemand. » Je trouve que...

DR : Presque. (sourire)

PL : Je trouve que, effectivement, ce... ce surplomb du politique sur le reste, dans le monde d'aujourd'hui, est plutôt un défaut, même si je reconnais qu'il y a une certaine qualité qui consiste à dire : « Parce que c'est la France, elle va faire des choses que les autres ne font pas. » Alors, ça me va bien quand c'est... quand c'est dans le bon sens. Quand c'est dans le mauvais sens, je trouve que c'est un peu fatigant parfois, oui.

L'Evangile selon St Pascal, qui mène ici une propagande néolibérale en bonne et due forme. Et toutes les grosses ficelles habituelles y passent : la politique étouffe l'économie (l'exception française... qui confirme la règle ?); pour avoir le bien-être social, il faut d'abord impérativement générer de la croissance économique; refuser un néolibéralisme débridé, c'est faire fausse route, etc... Tout ça, sans rencontrer la moindre résistance ou critique, et pour cause : Darius Rochebin lui a servi la question sur un plateau et n'en attendait probablement pas moins de la part de son invité. La question suivante va d'ailleurs dans le même sens.

DR : Le culte de l'Etat, le culte aussi du président, hein. « Le président a dit... », le côté très vertical, centraliste, des Français... Quand vous êtes sorti de ça, ça vous a soulagé ? En étant en Belgique, en Suisse... (sourire)

PL : Ça m'a d'abord profondément troublé. […]

Dr Rochebin, fidèle au poste, traque le moindre sursaut émotionnel de son interlocuteur. Heureusement que la Suisse (entre autres) était là pour « soulager » Pascal Lamy des excès de l'Etat, même s'il a d'abord été « profondément troublé ». On croirait presque entendre un Allemand de l'est racontant comment il a franchi le rideau de fer...

Notons au passage que « le culte de l'Etat » et « le culte du président » sont deux choses fort différentes, mais à ce stade de l'entretien, nous ne sommes plus à une inexactitude près.


Merci beaucoup

DR : En Suisse, idem. Ça fonctionne comme ça.

PL : Absolument.

DR : Ça vous rend la Suisse sympathique ?

PL : [...]

Si ce n'est pas le cas, Darius Rochebin se sera chargé de lui faire aimer notre beau pays, à l'accueil et aux médias si chaleureux.

DR : Pascal Lamy, merci. 65 ans, une année avant la fin de votre mandat à la tête de l'OMC. Vous rempilerez ?

PL : Ça n'est pas prévu par les règles actuelles de l'OMC.

DR : Ça vous tente ?

PL : C'est une question qui ne se pose pas pour l'instant.

Au diable les règles, si ça peut faire plaisir à Pascal Lamy (tant que c'est bon pour son moral).

DR : Merci, Pascal Lamy, de cet entretien, merci beaucoup.

PL : Je vous en prie.

Je note que Pascal Lamy n'a pas remercié Darius Rochebin. C'est très malpoli de sa part.


Conclusion

Je conçois aisément que cette émission a pour but de faire connaître les invités sous un angle intimiste et personnel, mais peut-on ainsi désolidariser l'homme de sa politique (surtout en temps de crise économique, lorsqu'on l'interroge sur ce sujet précis) ? Et est-ce une raison pour dérouler le tapis rouge aux idées de son invité en abondant constamment dans son sens et sans faire preuve du moindre esprit critique ?

En effet, qu'aura retenu le téléspectateur lambda, profane en matière de macroéconomie ? Que l'OMC oeuvre pour le bien de tous, pour réduire les injustices sociales et relancer la croissance dont le monde a tant besoin. Que Pascal Lamy est un réaliste, qui peut paraître dur, mais uniquement parce qu'il fait son travail avec pragmatisme, abnégation et efficacité pour le bien de tous. Et que les socialistes réalistes sont de droite, comme Pascal Lamy... A part ses surnoms (dont on ne saura même pas concrètement d'où ils viennent), rien de négatif n'a été dit sur l'OMC et son directeur. Dans d'autres contextes, dans d'autres pays (moins "démocratiques" que le nôtre), cette forme de journalisme aurait tôt fait de se voir taxée de propagande par bon nombre de nos médias. La paille et la poutre, comme on dit.

Pour conclure, je laisse le mot de la fin à Cyrano de Bergerac, sous la plume d'Edmond Rostand  [9] (acte II. Scène VIII) :

« Dédier, comme tous ils le font,
des vers aux financiers ? Se changer en bouffon
Dans l'espoir vil de voir, aux lèvres d'un ministre,
Naître un sourire, enfin, qui ne soit pas sinistre ?
Non, merci.
Déjeuner, chaque jour, d’un crapaud ?
Avoir un ventre usé par la marche ? Une peau
Qui plus vite, à l’endroit des genoux, devient sale ?
Exécuter des tours de souplesse dorsale ?...
Non, merci.
D’une main flatter la chèvre au cou
Cependant que, de l’autre, on arrose le chou,
Et donneur de séné par désir de rhubarbe,
Avoir un encensoir, toujours, dans quelque barbe ?
Non, merci. »


[Notes]
[1] Pour se faire une idée, voir les articles d'Acrimed sur Alain Minc.
[2] http://www.acrimed.org/IMG/rtf/Sur_Pascal_Lamy.rtf
[3] Les Economistes Atterres, par exemple.
[4] "Pascal Lamy s'interroge sur le capitalisme" , lemonde.fr, 5 novembre 2011
[5] Consultable ici
[6] D'après le Petit Robert
[7] Thatcher est élue en 1979, Reagan en 1981.
[8] A lire à ce sujet, sur Acrimed : "Journalisme et fétichisme : les 'marchés financiers'"
[9] A lire en intégralité ici

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